Classique

A la Philharmonie, les cinquante ans virtuoses de l’Orchestre de Paris

A la Philharmonie, les cinquante ans virtuoses de l’Orchestre de Paris

05 décembre 2017 | PAR Alexis Duval

L’Orchestre de Paris, qui fête ses cinquante ans, a joué Sibelius et Chostakovitch, mercredi 29 et jeudi 30 novembre. A la baguette, le chef Paavo Järvi a quelque peu lutté.

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Opposer le mystère de Sibelius à la clarté de Chostakovitch. C’est peu de dire que le programme des mercredi 29 et 30 novembre à la Philharmonie avait de l’intérêt. Pour célébrer les cinquante ans de l’Orchestre de Paris, la Grande Salle Pierre-Boulez a accueilli, le temps de deux soirées, la formation symphonique que dirigeait ce soir le chef Paavo Järvi. Le moment était solennel : directeur musical de l’ensemble de 2010 à 2016, l’Estonien a cédé sa place à Daniel Harding.

C’est donc avec une émotion toute particulière qu’il a mené deux oeuvres riches et radicales, d’abord le Concerto pour violon en ré mineur de Jean Sibelius ainsi que la Symphonie n°7, dite « Leningrad » de Dimitri Chostakovitch. Du premier, on retiendra l’excellence de la violoniste japonaise Akiko Suwanai. Toute de rouge vif vêtue, l’interprète a fait corps avec son instrument pour en extraire le son le plus précis, le plus net et le plus vif possible.

Soixante-dix minutes de « Leningrad »

Mais si la cadence se doit d’être brillante, peut-être aurait-elle dû moins dominer le reste de l’orchestre – notamment lors du deuxième mouvement, censé être un jeu mélodique de questions-réponses entre les deux parties. Le troisième mouvement, un « Adagio ma non tanto », a recours à un rythme quasi-martial. Puissance et équilibre dans le dialogue : lors du concert, il a été l’occasion d’un déploiement de virtuosité de la part d’Akiko Suwanai comme de l’Orchestre de Paris.

Explosive, franche, bouleversante, signifiante, lyrique, complète, la « Leningrad » est tout cela, et bien plus encore. Impressionnante par sa longueur – soixante-dix minutes, tout de même, ce qui en fait la plus longue du compositeur -, l’oeuvre créée en 1942 l’est aussi par la richesse des sonorités et la variété stylistique qu’elle donne à entendre.

En résumé, la n°7 est aussi l’une des plus ardues à diriger. Le premier mouvement en particulier, brillamment construit autour de l’amplification orchestrale – Ravel et son Bolero en sont un modèle – d’un air redéployé sans cesse. Coordonner la base de percussions et chacun des groupes d’instruments qui, un à un, égrènent leur mélodie, est éminemment périlleux. Un tempo trop vif pour des cordes ou des cuivres peut être fatal. Et c’est malheureusement l’écueil dans lequel Paavo Järvi est tombé, emporté par cette dynamique implacable. Au point que le chef estonien en a perdu sa baguette au cours du troisième mouvement ! On se serait bien sûr passé des approximations sonores qui ont résulté de l’imparfaite direction. Mais si l’exécution n’a pas toujours été en tous points impeccable, elle s’est révélée formidablement humaine.

Photo : Alexis Duval

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Alexis Duval

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