Classique
A la Seine Musicale, Stéphanie Paulet et Elisabeth Geiger nous surprennent avec Bach

A la Seine Musicale, Stéphanie Paulet et Elisabeth Geiger nous surprennent avec Bach

11 juin 2021 | PAR Jean-Marie Chamouard

Le 9 juin 2021, à la Seine Musicale, la violoniste Stéphanie Paulet et l’organiste et claveciniste Elisabeth Geiger interprètent ensembles plusieurs œuvres de J.S. Bach. La sonate pour violon solo et basse continue sera suivie de Sinfonias, de deux chorals et de la partita n°1 dans des transcriptions pour violon et clavecin ou violon et orgue.

Le concert a lieu à la « Petite Seine ».Un magnifique clavecin rouge, noir et or, un petit orgue en bois clair, une petite salle, une scène de plein pied avec des artistes tous proches du public : le décor est planté, sobre, propice à l’intimité. Stéphanie Paulet est le premier violon d’Insula Orchestra, l’orchestre de la Seine Musicale : elle « invite » le public chez elle. Concerts, CD, transcriptions, elle travaille de longue date avec Elisabeth Geiger et leur complicité éclaire le concert. Les explications données par les deux artistes sont les bienvenues. Elles présentent très clairement les œuvres jouées ce soir et expliquent leur travail de transcription, permettant aux auditeurs d’appréhender l’originalité des duos violon- clavecin et surtout violon-orgue. Stéphanie Paulet et Elisabeth Geiger restent fidèles à l’esprit musical de J. S. Bach qui a lui-même adapté nombre de ses œuvres dans des combinaisons instrumentales diverses.

Le concert débute par la sonate pour violon et basse continue (BWW1021). La basse continue n’est pas un instrument mais une technique de composition fréquemment utilisée à l’époque baroque. L’écriture est chiffrée, indiquant les accords mais laissant une large place à l’improvisation. La basse continue peut être jouée par le clavecin, la viole de gambe, le violoncelle ou le basson. Ce soir elle est jouée par le clavecin, cette ligne musicale continue sert de support au violon pour développer la mélodie. Dans les deux mouvements lents, le chant du violon se fait, recueilli ou mélancolique mettant en valeur la douceur du jeu de Stéphanie Paulet.
Le choral « Wachet auf, ruft uns die Stimme » ou cantate du veilleur a été écrit par JS Bach en 1731 à Leipzig. Très célèbre, elle a fait l’objet de transcriptions pour orgue ou piano. Ce soir nous entendons une version pour violon et orgue. Le violon expose seul le thème magnifique de la cantate, puis l’orgue débute mettant en valeur le chant du violon. L’ensemble est magnifique, envoûtant, c’est une grande réussite.

Le choral « Nun komm, der Heiden Heiland » (Vient maintenant sauveur des païens) a été composée par J.S. Bach, sur un poème de Luther, à Weimar en 1714. Son entrée est majestueuse et l’orgue donne une grande plénitude à l’œuvre. Le violon parait flotter sur une « mer » musicale. L’ensemble est très impressionnant, très émouvant pour l’auditeur.
La Partita n°1 en si mineur clôt le concert. C’est une œuvre pour violon seul, considérée comme « une cathédrale sonore » ou « l’Himalaya des violonistes ». Une partita est une succession de danses. Elle a été transcrite pour violon et orgue(ou clavecin) par les deux artistes, cherchant à amplifier la polyphonie, à compléter l’harmonie. Cela a nécessité un important travail d’études sur les mélanges de timbres en particulier entre le violon et l’orgue. Dans l’Allemande la musique est rapide, rythmée, complexe, mettant en exergue la virtuosité de Stéphanie Paulet. Elisabeth Geiger a présenté une version pour clavecin seul de « la Courante ». Lors de la bourrée finale le rythme devient vraiment dansant et l’orgue apporte quelques dissonances.

Grâce à leurs transcriptions originales d’œuvres de Bach, Stéphanie Paulet et Elisabeth Geiger ont offert au public un très beau concert, un moment musical inédit. L’audacieux mariage entre l’orgue et le violon s’est avéré particulièrement réussi et laissera à l’auditeur le souvenir d’un concert inhabituel.
visuel : affiche

Sae Eun Park, nommée Danseuse Étoile de l’Opéra national de Paris.
Drawing Now Alternative, la vitalité du dessin contemporain
Jean-Marie Chamouard

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture