Chansons

Petite amie : Les la la songs de Juliette Armanet

Petite amie : Les la la songs de Juliette Armanet

31 mars 2017 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Cela fait des années maintenant que l’on écoute Juliette Armanet. Cette héroïne du romantisme, reine du piano façon Sheller et de la voix façon Sanson sort enfin son premier « vrai » album, Petite amie, le 7 avril. On est fans et on a très envie de danser un slow là tout de suite. 

Cette fille fait rimer « corps » avec « corps » et transforme ses « la » en « la la la ». Celle qui sortait l’année dernière Cavalier seul, un EP, nous chante désormais, piano-voix, douze titres délicieux dont on fredonne les paroles à la deuxième écoute.

Il faut oser en 2017 assumer un pur album de chansons d’amour d’ex-adolescente. Juliette Armanet parle aux adultes qui eux aussi sont piqués par le « pin’s de nostalgie » ( « Manque d’Amour » ). Elle parle à toutes les filles nées avant 1980 et qui ont déjà embrassé un « Alexandre » dans la cour du collège ou du lycée. Juliette est une magicienne car elle nous rajeunit en tirant l’alarme des « sirènes de ma vie ». On  la connait depuis son titre « L’amour en solitaire » qui se trouve encore un peu plus féminisé dans la version de l’album. Et depuis, elle a signé chez Barclay et elle a fait des duos avec Julien Doré.


Juliette Armanet ne surfe pas sur la vague de la chanson française éléctronisante qui revisite Alain Chamfort, elle est restée collée en 1988 et c’est une bonne idée. Elle réhabilité la rime kitsh, le saxo 80,  et les airs à chanter entre copines avec un humour second degré impeccable.

Divine partie fine
J’ai comme avalé une épine
Dans les draps fatigués d’hier
Je dors en étreignant ton air ( Manque d’amour)

Pourquoi cela fonctionne ? Justement parce qu’elle a autant de talent que Sanson et Sheller ( « Un Samedi soir dans l’Histoire » )  Sa voix claire et juste autorise à re-mater La Boum et ses orchestrations tintées disco ( « A la Guerre comme à l’Amour ») à revoir Dirty Dancing.

Ecouter Juliette Armanet est libératoire. C’est un bonbon bien sucré, un plaisir à partager sans retenue.  Cette fille a lu tous les courriers du cœur de tous les magazines possibles, on ne trouve pas d’autre explication. Sinon comment écrire des « hou hou hou » sérieusement ? ( « Triste Star » )

Elle a troqué sa queue de cheval pour une princesse aux seins couverts par ses cheveux.  Girly Juiette Armanet ? Non, amoureuse transie. On sait qu’elle morfle parfois ( « L’accident » ) mais qu’elle retombera toujours dans le trip ( « La carte postale » )
Nous aussi Juliette on a envie de « te parler du vent qui dort sur les coquillages d’or » ( « La carte postale » encore)

Nous aussi on préfère « l’enfer au paradis » ( « Alexandre » )
Nous aussi on t’adore, même si tu n’as pas rapatrié « Adieu Tchin Tchin » de ton Ep à ton album, mais on t’en veut pas.

A bientôt Juliette.

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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