Chansons

Le Revival de Stephan Eicher à l’Opéra Comique

Le Revival de Stephan Eicher à l’Opéra Comique

21 novembre 2019 | PAR Luca Juilliard

Stephan Eicher, un nom qui semblait appartenir au passé… Après Déjeuner en Paix, Pas d’Ami (comme toi) et Des Hauts, Des Bas, il revient sur le devant de la scène pour défendre son album Homeless songs, recueil de ballades nostalgiques réconfortantes. Fort d’un succès critique et commercial, l’helvète entame une importante tournée Franco-Suisse. Nous étions hier soir dans la belle salle de l’Opéra Comique pour tenter de comprendre ce soudain retour à la lumière.

Un retour salué par la critique 

Après la sortie timide de l’album Hüe en janvier dernier – qui revisitait les titres de son répertoire accompagné de la fanfare TRAKTORKESTAR – Stephan Eicher offre enfin à son public ce qu’il attendait depuis près de sept ans et l’album Envolé(2012). Homeless song est un recueil de morceaux intimes composé dans des moments de vie particuliers de l’artiste, entre problèmes médicaux et remise en question professionnelle. Depuis plusieurs années en conflit avec le label Barclay qu’il a d’ailleurs depuis quitté pour Polydor, autre filiale d’Universal. C’est donc dans un nouvel élan de liberté qu’il a pu composer cet album accompagné de son ami de toujours, Philippe Djian, auteur des textes en français. Résultat : un album folk réussi qui oscille brillamment entre nostalgie et espoir ; salué unanimement par la critique et le public qui n’en pouvait plus d’attendre.

Une salle comble 

La petite place Boieldieu située devant l’Opéra Comique connaît une activité inhabituelle pour un mardi soir. Les gens se pressent, se retrouvent, discutent, semblent tous très heureux d’être là. Ils n’ont qu’un nom à la bouche : Stephan. L’artiste est définitivement générationnel, tous ont des cheveux grisonnants et semblent, comme le chanteur, approcher la soixantaine. A quelques instants du concert, le public profite d’un verre dans le sublime bar de la salle. A l’aise entre dorure et peinture d’époque, ils se remémorent leurs vingt ans où, bière à la main ils attendaient le même chanteur au Bataclan. La sonnerie retentit, les derniers spectateurs filent rejoindre la salle déjà comble.

Un élégant concert empreint de nostalgie 

La soirée débute par une première partie du pianiste néerlandais Reyn Ouwehand. Ses mélodies pleines d’émotions évoquent des images nostalgiques et heureuses, rien d’étonnant pour le compositeur de musique de film ayant déjà collaboré avec la fine fleur de la chanson française (Vanessa Paradis, Benjamin Biolay, Gaëtan Roussel..). Stephan Eicher entre en scène lors du dernier morceau sous un tonnerre d’applaudissements pour présenter son ami. Il lui demande symboliquement de rester sur scène pour l’accompagner. Le chanteur est détendu et s’adresse à son public sincèrement, n’hésitant pas au passage à envoyer une pique, non sans humour, à son ancienne maison de disque.

La formation qui l’accompagne est dense : un quatuor à cordes, pièce rapportée d’une formation plus classique (guitare, basse, batterie, synthé). Les premières chansons interprétées sont issues du dernier album et réalisées avec une grande maîtrise. La voix du chanteur, embellie par les années, répond magnifiquement à la puissance des cordes. On retiendra notamment Prisonnière, morceau issu du dernier album, comme un intense moment d’émotion. Ce n’est qu’au bout d’une quinzaine de chansons que le public jubile avec les fameux Pas d’ami (comme toi) et Combien de temps, hymnes des années 90. Après un premier rappel, le chanteur entame sa chanson phare : Dejeuner en paix qu’il laisse chanter à son public exalté, expliquant qu’il n’en a plus les droits… S’ensuivent les entrées successives d’Axelle Red et Miossec, amis et collaborateurs du chanteur pour interpréter le trio La fête est finie, aussi présent sur l’album. C’est finalement sous un tonnerre d’applaudissement que se termine cet élégant concert empreint de nostalgie. On ne peut que souhaiter à l’artiste de continuer à sortir des albums, on sait déjà que son public lui sera toujours fidèle !

 

Luca Juilliard 

 

Remerciements : Carla Laffont, Pascal Mercier et Polydor 

 

Visuel : Pochette de l’album Hüe 

Un garage peuplé de Picasso
« Et c’est un sentiment qu’il faut déjà que nous combattions je crois », une pièce sur la naissance médiatique des banlieues
Luca Juilliard

2 thoughts on “Le Revival de Stephan Eicher à l’Opéra Comique”

Commentaire(s)

  • Mercier

    Trop sympa l’article

    novembre 21, 2019 at 18 h 16 min
  • Remy

    Vraiment ça !
    Dès les premières notes, je verse quelques larmes tellement je suis heureuse d’être là mais en sachant aussi que dans deux heures je ressentirai un vide immense !
    Stephan Stephan Stephan
    Encore des dates en Belgiqueou dans le Nord (parce que ça fait loin Paris, Taratata fin septembre et puis l’Opera Comique) !

    novembre 22, 2019 at 23 h 38 min

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