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Suresnes Cité Danse 2019 : Quand la danse hip-hop joue aussi la carte du métissage musical

Suresnes Cité Danse 2019 : Quand la danse hip-hop joue aussi la carte du métissage musical

09 février 2019 | PAR Jean Emmanuel P.
Le festival Suresnes Cité Danse vient de fermer ses portes après trois semaines avec seize spectacles, dont sept créations. Une 27ème édition qui montre la vitalité de la danse hip-hop, métissant tous les styles y compris musicaux. Retour sur deux spectacles, Finding Now et Danser Casa, qui illustre cette tendance.
 

Comme le souligne Olivier Meyer, directeur du festival, « le hip-hop associe encore davantage de nouvelles musiques, des techniques différentes, revendiquant plus que jamais le métissage. » 
 
Le spectacle Finding Now d’Andrew Skeels, primé par l’Association de la critique de Théâtre, de Musique et de Danse, en est une parfaite illustration. Formé à la danse classique, et intégrant de la musique classique dans ses spectacles, le chorégraphe américain n’est pas un inconnu du Théâtre de Suresnes. Et pour cette troisième commande, Anderw Skeels propose un moment particulièrement envoûtant. Avec Finding Now, le croisement entre danse hip-hop et musiques baroques est particulièrement réussi. Les cinq danseurs – deux filles et trois garçons –, y font rimer tension et fragilité, tout intégrant les exigences du chorégraphe.
 
Dans Finding Now, il est d’abord question de mouvement et d’instantanéité. Le style de chaque danseur (force, fluidité…) est mis en avant, tout en veillant à conserver l’unité du groupe, se muant en véritable communauté. L’alliance entre danse hip-hop et musiques sacrées (Purcell, Scarlatti, Haendel…) fonctionne et emporte le spectateur dans une forme d’immédiateté très émotionnelle. 
 
Alternant voltiges en groupe et corps à corps plus intimes, la gestuelle des danseurs est particulièrement inventive, et chaque séquence amène à se projeter dans des moments de vie. Comme l’explique le chorégraphe, « j’ai étudié diverses formes de mouvement chorégraphique dans le but de créer un style de danse hétéroclite, créatif et novateur. » Pari gagné. Une grande réussite fortement appréciée par un public transporté.
 

Il est aussi question de musique, non plus baroque cette fois mais orientale, dans Danser Casa. Ce spectacle est né de la collaboration de deux pointures du hip-hop, Kader Attou et Mourad Merzouki, qui n’avaient pas chorégraphié ensemble depuis 20 ans. 
 
Ce projet avait pour ambition de mettre en lumière le talent des danseurs (sept marocains et une jeune congolaise), issus de parcours hétéroclites et de villes différentes, choisis parmi 186 hip-hopeurs présents lors de l’audition. Les deux chorégraphes s’inspirent de l’effervescence de la ville de Casablanca et racontent la tension de cette dernière entre violence et passion.
 
Les danseurs transmettent leur énergie, métaphore de celle de la jeunesse en général, à fleurs de peau où tout peut basculer. Sur une musique envoûtante et des acrobaties parfois proches de l’art du cirque, les danseurs se jaugent et s’affrontent dans des duels virils, et leurs corps entremêlés restituent une force brute où les moments de détente finissent par revenir, grâce à l’humour et à l’échange. Et les petites lumières rouges aux pieds des danseurs qui trottent dans l’espace sont autant des traces d’espoir. 
 
Le métissage entre musiques et danse hip-hop de Danser Casa a aussi envouté cette 27ème édition du festival.
 
Photos : Dan Aucante
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Jean Emmanuel P.

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