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Harlem Quartet de James Baldwin par Elise Vigier au Théâtre de la Croix-Rousse

Harlem Quartet de James Baldwin par Elise Vigier au Théâtre de la Croix-Rousse

28 janvier 2018 | PAR Elie Petit

Elise Vigier met en scène le roman de l’écrivain et militant pour les droits civiques, James Baldwin. Une pièce à plusieurs voix pour raconter la situation et le combat des afro-américains dans cette période charnière de la lutte pour l’égalité et contre la ségrégation.

Tout commence par une annonce. 1973, la mort d’un frère. On y apprend que ce jour, le « soleil brillait comme jamais ». « Rends-moi mon frère ! », dit Hall, comme une rengaine, avant d’être projeté quelques années auparavant, le frère encore vivant, chantant, vers le sommet, vers la mort.

La pièce est parsemée de longs monologues puissants, véritables performances scéniques. L’usage de la vidéo pour capter l’ambiance de l’époque est réussi. L’ajout de la musique live, intemporelle pour partager une atmosphère, des sentiments, l’est aussi. Toujours un coup de coeur pour les archers sur les guitares électriques, à la Johhny Greenwood.

Ce sont plusieurs livres qui se succèdent. Le premier, « Ayez pitié » donne le ton de l’histoire. La musique « Nothing from Nothing » de Billy Preston donne le ton de l’époque. De l’émergence commerciale de la musique noire. En même temps que celle du racisme. Pour le frère, Arthur, c’est l’heure du premier album.

Arthur, plus jeune du quartet, est homo. Et le comprendre, l’accepter, le dire n’est pas facile. Baldwin livre une reflexion à l’intersection de la question raciale, sexuelle, religieuse, melée de musique. Les problématiques du temps.

C’est parfois drôle, souvent douloureux. On voyage dans cette période de manière ultra-réelle, entre les chanteurs, entre les draps, dans les salles à manger, contre le racisme, dans la drogue. L’envoi de soldats noirs en Corée est aussi un grand sujet. Le renouveau d’un intérêt pour les racines africaines aussi.

Tout est dit, tout est là, superbement exécuté, très touchant. Elise Vigier et ses acteurs et actrices livrent un spectacle utile et fort, à voir partout.

d’après le roman de James Baldwin | adaptation et mise en scène Élise Vigier l traduction, adaptation et dramaturgie Kevin Keiss | avec Ludmilla Dabo , William Edimo , Jean-Christophe Folly , Nicolas Giret-Famin , Makita Samba , Nanténé Traoré et les musiciens Manu Léonard et Marc Sens | avec à l’image Saul Williams et Anisia Useyman | assistanat et collaboration artistique Nanténé Traoré | scénographie Yves Bernard | création images Nicolas Mesdom | vidéo Romain Tanguy | son Eddy Josse | création musique Saul Williams , Manu Léonard et Marc Sens | création lumières Bruno Marsol | création costumes Laure Mahéo | maquillage et perruques Cécile Kretschmar | régie vidéo Romain Tanguy | régie son Eddy Josse

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Elie Petit
https://www.instagram.com/elie_petit/

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