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Un bon indien est un indien mort de Stephen Graham Jones : un polar à part

Un bon indien est un indien mort de Stephen Graham Jones : un polar à part

23 septembre 2022 | PAR Bernard Massoubre

Connu pour ses romans d’horreur, Stephen Graham Jones est édité pour la première fois aux éditions Rivage Noir.

Stephen Graham Jones est originaire de la tribu des Pikunis (blackfoot) située dans le Montana, et dans les plaines de l’Alberta au Canada. Pourtant, il n’est pas dans la lignée de Tony Hillerman, Indien lui aussi, dont les polars se passent au Nouveau-Mexique et en Arizona. En effet, dans Un bon indien est un indien mort, il n’y a ni enquête policière ni intrigue au sens habituel de ces termes

Du sang neuf

Certes, il y a une histoire : quatre amis d’enfance sont obsédés par une chasse au caribou qui a dégénéré. Leur destin bascule alors dans l’horreur et la fantasmagorie.

Les natives (Indiens de l’Amérique du nord) sont respectueux des croyances de leur peuple. Les blackfeeet honorent la vie et les forces supérieures, un peu comme les animistes en Afrique. Ainsi, en massacrant un troupeau (dont une femelle en gestation), les amis sont maudits et portent le poids de la culpabilisation. Celle-ci explique les scènes gores, comme une rédemption nécessaire pour réintégrer le cycle éternel de la nature.

Néanmoins, et c’est tant mieux, le livre ne manque pas d’humour, noir tout de même. Un exemple parmi d’autres : « Les cheveux blonds de Peta virent au rouge, le sang se répand sur la moquette pâle. Ce n’est pas une tâche qu’il pourra effacer. Ils ne récupèreront pas leur caution ».

Mais un roman qui déstabilise le lecteur

Le titre n’est pas évocateur et il n’est d’ailleurs pas la traduction littérale du titre anglais, plus juste. En fait, Il n’est qu’accroche car il fait référence à une phrase qu’aurait prononcée le général Philip Sheridan, partisan de l’extermination des Indiens et des bisons.

Un bon indien est un indien mort n’est pas non plus exempt de longueurs. La construction du récit est parfois hachée.

Et surtout, ce roman échappe aux standards, pourtant variés, de la littérature policière. Sa parution à Rivages Noirs est difficile à comprendre. Il aurait sa place ailleurs.

Un bon indien est un indien mort de Stephen Graham Jones. Éditions Rivages noirs, 2022. 351 pages, 23€.

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Bernard Massoubre

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