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Le gigantisme acerbe de Wang Qingsong, aux éditions Thircuir…

Le gigantisme acerbe de Wang Qingsong, aux éditions Thircuir…

21 octobre 2012 | PAR Kylhian Hildebert

Wang Qingsong, né en 1966 dans le Nord-Est de la Chine est une figure incontournable de la photographie chinoise contemporaine. Il semblait évident que les éditions Thircuir allaient lui consacrer un numéro ; c’est chose faite avec ce sixième opus…

 

Wang Qingsong est d’abord peintre avant de s’orienter vers la photographie, médium qui lui semblait plus apte à saisir les métamorphoses de la société ; et c’est bien autour de cela que s’articule l’oeuvre de Wang Qingsong : les nombreuses métamorphoses qui font irruption dans la société chinoise depuis quelques décades.

Photographe de la démesure, du gigantisme, certaines de ses photographies font plus de 12 mètres de long, et réclament près d’un an de préparation et des centaines de figurants. L’immensité des formats n’est pas sans rappeler les fresques baroques et classiques ; aussi Wang Qingsong rend-il hommage de manière directe ou indirecte aux peintres l’ayant inspiré (Ingres ou Botticelli par exemple). La maîtrise des couleurs, de l’éclairage, les installations en studios, les mises en scène dont l’aspect est volontairement factice révèlent un esthète hors pair.

Certes Wang Qingsong ne cherche pas à retranscrire la réalité mais plutôt à la traduire, à la symboliser. C’est un observateur, un entomologiste, son oeuvre est en relation avec l’Histoire de la Chine, en réaction avec les bouleversements actuels ; il dissèque et critique l’irruption du modèle occidental et en particulier de la société de consommation et du consumérisme dans la civilisation chinoise.

Il n’hésite pas à se mettre en scène, à endosser tantôt le rôle d’un vieux sage, tantôt celui d’un vendeur de bibelots. C’est un moraliste, il pointe du doigt, met en exergue : la Chine glisse irrémédiablement vers une société de plaisirs vains. Cela lui vaudra sans doute de la part de certains de nombreuses critiques qui lui reprocheront également un coté pompeux : Wang Qingsong, autoproclamé gardien de la morale et des moeurs, ferait mieux d’abandonner ses photos gerômesques et sa pensée réactionnaire.

On laisse à tout un chacun le choix d’apprécier ou de critiquer, mais nul doute que Wang Qingsong continuera de promener son objectif acerbe sur la société chinoise.

Visuels (c) : Wang Qingsong, éditions Thircuir.

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Kylhian Hildebert

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