Fictions

Solveig Vialle, « Les ballerines vertes » : Amour et Samba à Rio.

Solveig Vialle, « Les ballerines vertes » : Amour et Samba à Rio.

06 janvier 2020 | PAR Jean-Marie Chamouard

Rose est malheureuse dans son mariage et dans son confort parisien. Solveig Vialle décrit sa renaissance, grâce au Brésil, à l’amour et surtout à la danse, sa passion.

« Elle devint une plante déracinée de sa terre et brutalement mise en pot». Rose s’est mariée, par amour, à dix huit ans avec Pierre, un diplomate de vingt ans son ainé. Elle quitte sa Bretagne natale pour un appartement parisien cossu. Sept ans plus tard elle a renoncé à sa jeunesse et à la danse, elle étouffe dans son luxueux appartement parisien accablée par l’ennui et par l’alcool. Elle obtient de son mari une « évasion » de trois mois mais en restant sous la surveillance de Stan, le secrétaire de son époux. Elle se rend à Rio, la ville de son ancienne professeure de danse. Elle remet ses ballerines vertes et danse pendant des heures, tous les soirs, toutes les nuits, pour se purifier, se revivifier. Rose est grisée par la Samba, la plage de Copacabana et Sandro le séduisant professeur de danse. Mais Sandro s’éloigne et le vertige de la fête s’estompe. Ce séjour à Rio doit aussi être une expérience intime. Pourra-t-elle trouver une issue à son vide intérieur ? Elle découvre Stan, Stanley lors d’une très belle conférence sur Paul Claudel et sur l’amour du poète avec Rosalie…

Solveig Vialle est danseuse, libraire, écrivaine. « Les Ballerines vertes » est son deuxième roman. Elle a écrit un roman intimiste mais aussi sensuel. La danse est le thème central, pour Rose elle est vitale. Danser c’est pouvoir « entrer dans son corps et entrer en soi ». L’écriture de Solveig Vialle est élégante, très littéraire. Le style renforce la sensualité avec de longues phrases un peu langoureuses puis parfois l’écriture s’accélère comme pour suivre le rythme de la Samba. Le lecteur découvre peu à peu l’intensité de la souffrance psychologique de Rose, ses désillusions et les causes de l’échec de son mariage. Le récit devient plus introspectif dans la deuxième partie du roman, développant une analyse psychologique fine. Le souvenir de Paul Claudel est également très présent dans le livre. Diplomate arrivé à Rio en 1917 il y séjourna plusieurs années, et y découvrit la danse. Il aima ce pays… comme Rose l’héroïne de ce roman.

Solveig Vialle, Les ballerines vertes, éditions Léo Scheer, 224 pages, 17 euros, sortie le 8 Janvier 2020.

visuel : couverture du livre

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Jean-Marie Chamouard

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