Fictions
« Le dernier secret de Versailles » de Jean-Michel Riou : quand la plume rend le passé présent

« Le dernier secret de Versailles » de Jean-Michel Riou : quand la plume rend le passé présent

11 novembre 2014 | PAR Elodie Martinez

Quatrième et dernier volume d’une saga familiale à l’ombre du Roi Soleil, Le dernier secret de Versailles permet de retrouver la plume si passionnée de Jean-Michel Riou. Que vous ayez lu ou non les tomes précédents, une chose est sûre : vous ne verrez plus Versailles du même œil !

[rating=3]

Synopsis :
le_dernier_secret_de_versailles_01Louis XIV a réussi son pari : construire le fabuleux palais de Versailles. Des milliers d’hommes et de femmes, artistes, bâtisseurs, riches ou va-nu-pieds, ont rejoint l’aventure du chantier de toutes les promesses. Et c’est fait : Versailles illumine le règne du Roi-Soleil. Sa renommée s’étend jusqu’au lointain royaume de Siam.
Mais ce triomphe a son revers : tous les travers de l’homme se donnent rendez-vous dans le huis clos d’une cour prisonnière des intrigues et hantée par des êtres malveillants et retors.
Dans ce monde qui n’admet aucune faiblesse, Amandine Le Faillon, héritière de l’entreprise Pontgallet, commet l’erreur impardonnable d’être trop belle. Elle a attiré le regard du roi, provoquant la marquise de Maintenon. Et le talent de Jean, son époux, inquiète l’architecte Hardouin-Mansart. Jalousie, trahison, rivalité, la machine à détruire le bonheur est en marche. Qui peut les sauver ? Seul un ultime affrontement livrera la réponse : c’est le dernier secret de Versailles.

Nul besoin de lire l’intégralité de cette série intitulée Versailles, le palais de toutes les promesses pour que ce tome tienne les siennes : l’auteur explique dans sa préface son désir d’être accessible à tous, y compris à ceux qui rejoignent l’aventure seulement maintenant, et a même prévu de résumer les épisodes précédents tome par tome pour ceux qui le souhaiteraient. Pour les impatients, il explique que l’on peut s’en passer et se jeter directement dans la lecture. Cette affirmation est peut-être un peu optimiste car il faut une certaine concentration pour se retrouver dans l’imbroglio familial et tous les personnages. Mission loin d’être impossible, certes, mais pas aussi aisée que le suggère Jean-Michel Riou : ce tome reste la conclusion d’une saga, il est donc normal que rappels et notes de bas de page ne suffisent pas toujours à rattraper son retard. On finit cependant par suivre le fil et frémir pour ces personnages qu’on souhaite finalement connaître davantage… Prenez garde : si vous commencez par Le dernier secret de Versailles, vous risquez fortement de ne pas vous y limiter et de partir à la recherche des trois tomes précédents !
En effet, l’auteur parvient magistralement à nous transporter à cette époque, tant dans sa grandeur que dans sa laideur, dans sa représentation fastueuse et dans ses mécanismes souvent repoussants. Une certaine pédagogie (propre aux passionnés) se dégage des descriptions et des notes de l’auteur, pouvant parfois alourdir le récit puisqu’elles s’ajoutent à celles déjà présentes pour nous aider à nous retrouver dans la saga ; l’histoire, cependant, tient en haleine et l’on dévore ces chapitres pour connaître le fin mot de cet engrenage que l’on devine terriblement bien huilé…
Un livre finalement aussi alléchant que son titre où l’on tourne les pages les unes après les autres, se demandant si la prochaine sera le voile sur ce fameux secret qui n’est peut-être pas celui que l’on attend…

Jean-Michel Riou, Le dernier secret de Versailles, Flammarion, 430 pages, 23 euros

« On raconte que la fureur des dieux de l’Olympe s’exerce sur le mortel qui ose s’exposer. Pour vivre heureux, il faudrait rester caché. Ainsi, en fuyant les lumières du monde, il existerait une petite chance d’échapper au sort tragique que Racine réserve aux héros. Phèdre et d’autres en savent quelque chose. Amandine a levé les yeux, alerté les Cieux. La machine est lancée. La suite ne lui appartient plus ».

visuel : couverture du livre (c) Arnaud Février / Flammarion

Elodie Martinez

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Elodie Martinez
Après une Licence de Lettres Classiques et un Master en Lettres Modernes, Elodie découvre presque par hasard l'univers lyrique et a la chance d'intégrer en tant que figurante la production du Messie à l'Opéra de Lyon en décembre 2012. Elle débute également une thèse (qu'elle compte bien finir) sur Médée dans les arts en France aux XVIIe et XVIIIe siècles, puis, en parallèle d'un stage dans l'édition à Paris, elle découvre l'univers de la rédaction web et intègre l'équipe de Toute la culture où elle participe principalement aux pages d'opéra, de musique classique et de théâtre. Elle a aussi chroniqué un petit nombre de livres et poursuit l'aventure une fois rentrée sur Lyon. Malheureusement, son parcours professionnel la force à se restreindre et à abandonner les pages de théâtre. Aujourd'hui, elle est chargée de projets junior pour un site concurrent axé sur l'opéra, mais elle reste attachée à Toute la culture et continue d'être en charge de l'agenda classique ainsi que de contribuer, à moindre échelle, à la rédaction des chroniques d'opéra.

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