Fictions
« Je pense à toi » : Michel Bussi donne le dernier mot à Jean-Jacques Goldman

« Je pense à toi » : Michel Bussi donne le dernier mot à Jean-Jacques Goldman

14 février 2021 | PAR Ilan Lévy

Les romans de Michel Bussi sont toujours très attendus, l’intrigue policière y fait en général bon ménage avec une description géographique fine où le lieu de l’intrigue est un personnage à part entière du roman.

Maddi Libéri est un médecin, une femme de culture scientifique, la quarantaine élégante et n’a qu’un seul homme dans sa vie et dans son lit, son fils Esteban. Alors qu’elle ne rechigne pas à attirer le regard des autres hommes, elle ne consacre qu’à son fils, ses patients et le Pays basque, la magnifique et mystérieuse Saint Jean de Luz où toutes les rues mènent à l’océan. Michel Bussi aura déjà fait découvrir au lecteur la Réunion, la Corse, les montages, les rivières avec une prédilection pour les îles et leurs fantasmes et la Normandie, sa patrie de cœur.

Chaque matin, elle se baigne avec son Esteban de 10 ans. Il est beau, fin, musclé et excellent nageur. Le jour de ses 10 ans, lors de leur visite rituelle matinale sur la plage, il est impossible de se baigner car les vagues sont trop fortes. Esteban doit alors, comme chaque matin, passer à la boulangerie chercher le pain pendant que sa mère prend sa douche. Ces habitudes de vie ne souffrent d’aucun changement, Esteban est un garçon responsable « qui ne désobéit jamais à sa mère ». Pourtant, ce jour-là, il ne revient jamais à la maison avec sa baguette de pain. L’enquête conclut vite à une noyade accidentelle, à une disparition non résolue. Maddi sait que son fils n’a pas contrevenu à ses ordres et, de plus, il avait une pièce de 1 euro dans la main. Elle n’est jamais retrouvée et il n’a pas pu aller à l’eau avec, elle n’est pas non plus sur sa serviette, ni son short qui eux sont sur la plage.

Maddi fuit en Normandie, la Normandie, région toujours chère à l’auteur qui est aussi un excellent géographe, elle est le théâtre d’un de ses autres succès, Maman a tort, devenue une série en 6 épisodes. Installée comme médecin à Etretat, elle n’oublie jamais son fils, même dans le bras de Gabriel qui la soutient et la porte.
10 ans, jour pour jour après l’anniversaire funeste d’Esteban, elle retourne sur les lieux du non-crime. Elle n’a jamais cru à la mort, à la disparition, à la noyade de son fils qui ne l’aurait jamais abandonnée.

Revivant la même scène pour la centième fois, elle rencontre….Esteban sur la plage, ou plutôt Tom, un jeune garçon de 10 ans qui ressemble à son fils, s’habille comme lui, et possède un goût prononcé pour l’océan. Même vivant, Esteban ne pourrait avoir 10 ans, donc ce n’est pas Esteban. Le roman est donc fini quand il commence. Maddi ne peut se détacher de ce jeune Tom, qui est son fils, ou peut être sa réincarnation. Car, toute rationaliste qu’elle est, elle part s’installer en Auvergne sur les traces de Tom et de sa mère, pour découvrir la vérité. Policier, fiction et fantastique sont ainsi mêlés dans ce roman à clef et à trou où le possible devient impossible et inversement. La réincarnation est-elle possible ? Ou est-elle un palliatif au désir et au manque d’une mère ? La fin en apothéose offrira une réponse au lecteur qui la cherche.
La conclusion du livre revient à Jean-Jacques Goldman, dans la chanson Pas toi : « Rien ne t’efface…. Je pense à toi ».

Michel Bussi, Rien ne t’efface, Presses de la Cité, 456p, 21,90€

visuel : couverture du livre

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Ilan Lévy

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