Fictions

« Daphné disparue », José Carlos Somoza : variation littéraire autour du coup de foudre

« Daphné disparue », José Carlos Somoza : variation littéraire autour du coup de foudre

15 juillet 2017 | PAR La Rédaction

José Carlos Somoza est un auteur d’origine cubaine dont la famille s’est exilée en Espagne pour des raisons politiques. Il vit aujourd’hui à Madrid. Ce printemps Actes Sud réédite une traduction de son œuvre Dafné desvanecida sortie en 2000. Ce joli roman nous conduit au cœur d’une enquête intrigante au charme tout particulier.
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Je suis tombé amoureux d’une femme inconnue. J’écris en dînant au restaurant La Floresta Invisible. Elle occupe une table solitaire en face de la mienne et j’observe son dos nu – en raison de l’échancrure prononcée de sa robe noire – et ses cheveux châtain clair relevés en chignon. Sa silhouette est…

Quelques instants après avoir écrit ces lignes, Juan Cabo, écrivain à succès, est percuté par une voiture à sa sortie du restaurant. Frappé d’amnésie, il se réveille à l’hôpital en ayant oublié jusqu’à son nom. Tout ce qui lui reste pour remonter le fil des évènements et de sa mémoire, ce sont ces quelques lignes, ce paragraphe inachevé. Aurait-on tenté de l’assassiner ? Qui est cette femme au dos nu ? En est-il vraiment tombé amoureux ? Il ne peut être sûr de rien. Après tout, en tant qu’écrivain, raconter des histoires est son métier.
Déterminé à trouver une réponse à ses questions, il se lance à la recherche de la femme inconnue et de son coup de foudre présumé. Commence alors une enquête truculente. Le fameux restaurant La Floresta Invisible se trouve être un cercle littéraire pour auteurs amateurs… Les témoins du soir de l’accident ont tous écrit leur propre version des faits. Foisonnement de points de vue, falsification de preuves, il est très difficile de démêler le vrai du faux, la réalité de la fiction.
Nous suivons Juan Cabo au fil des rebondissements de l’enquête, dans des cafés Art déco aux lumières tamisées, dans des palais labyrinthiques, peuplés de créatures telles qu’une muse professionnelle ou un critique littéraire-détective privé. Le lecteur est invité à se perdre dans ce dédale onirique et à rêver avec lui. On est d’autant plus pris par ce rêve éveillé qu’il explore en même temps des thèmes éternels comme la quête d’inspiration ou la problématique de la cristallisation amoureuse. L’important, au fond, est-ce que la femme inconnue existe et qu’on puisse la rencontrer, ou est-ce l’histoire que l’on se crée à partir d’elle ?

Daphné disparue, José Carlos Somoza, Actes Sud (Babel), juin 2017, 216 pages.

visuel : couverture du livre.

Chloé Schwab

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