Essais
Louis Carré, Axel Honneth, « Le droit de la reconnaissance »

Louis Carré, Axel Honneth, « Le droit de la reconnaissance »

16 septembre 2014 | PAR Jean-Paul Fourmont

Chargé de recherches du FRS-FNRS, Louis Carré est rattaché au Centre de théorie politique (Université libre de Bruxelles). Ses travaux portent sur la philosophie sociale et politique contemporaine, Hegel et l’École de Francfort. Il vient de publier une introduction à la pensée d’Axel Honneth, philosophe allemand qui s’est notamment penché sur la question de la reconnaissance.

LE DROIT DE LA RECONNAISSANCE

Depuis une vingtaine d’années, dans le prolongement de l’École de Francfort et de penseurs tels qu’Adorno, Marcuse et Habermas, les réflexions d’Axel Honneth se sont imposées comme une référence majeure dans les domaines de la philosophie morale, sociale et politique. On en retient souvent le thème de la reconnaissance.

Certes celle-ci peut être comprise de bien des manières, mais le penseur allemand la conçoit comme une relation morale entre des sujets, une relation par laquelle des individus humains se reconnaissent mutuellement certaines qualités morales. C’est par la reconnaissance réciproque que des sujets humains sont à même de trouver une confirmation de leurs attentes morales les plus fondamentales en termes de besoin, de droit et de solidarité.

Comme Hegel, Axel Honneth affirme que la reconnaissance revêt principalement trois formes différentes : elle est à la fois affective, juridique et sociale. Celle-ci est dynamique et des « luttes » surviennent régulièrement, de façon à ce que la « dignité » des différentes composantes du corps sociales soit reconnue ou bien rehaussée.

UNE THEORIE ETHIQUE DE LA DEMOCRATIE

Ce droit à la reconnaissance représente le fondement normatif de la théorie critique de la société d’Axel Honneth. Il ne représente en effet qu’un aspect d’une œuvre qui, en dialogue constant avec ses contemporains (Rawls, Taylor, Fraser) et ses aïeux plus ou moins lointains (Hegel, Marx, l’École de Francfort), n’a cessé d’évoluer et de s’approfondir.

Plus que le thème de la reconnaissance, c’est l’idée d’une vie « éthique démocratique » qui permet de retracer au mieux cette évolution. A cet égard, Honneth retient et développe deux idées hégéliennes : selon la première, les demandes de reconnaissance possèdent un droit légitime, lorsqu’elles contribuent au maintien, à l’intensification ou à l’élargissement de la « liberté sociale » de tous les concernés ; d’après la seconde, les rapports interpersonnels de reconnaissance sont disséminés parmi les institutions de la « vie éthique » moderne.

Critique, voire subversive, la démarche d’Honneth l’est véritablement, puisqu’elle permet de tester le caractère et le potentiel démocratique des institutions de la reconnaissance (la famille, le marché du travail, l’État de droit, l’espace public), auxquelles tout un chacun participe. Le résultat n’est pas toujours à la hauteur des espérances…

A lire !

Louis Carré, Axel Honneth. Le droit de la reconnaissance, Michalon, 2013, 128 p., 10 euros.

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

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