Essais

« Celui qui fit trembler César » : Danielle Porte revient sur la figure de Vercingetorix

« Celui qui fit trembler César » : Danielle Porte revient sur la figure de Vercingetorix

04 août 2013 | PAR Jean-Paul Fourmont

Docteur d’Etat ès lettres, Danielle Porte fut maître de conférences à l’Université Paris IV Sorbonne de 1970 à 2012, où elle enseigna le latin, la civilisation et l’histoire romaine. Elle vient de publier une véritable « somme » sur un mythe fondateur de l’histoire de France : Vercingétorix.

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UN ILLUSTRE INCONNU
L’auteur livre le portrait d’un homme sans visage, à la différence de Jules César par exemple. Il était un adolescent surdoué, que neuf mois d’existence et de bataille immortalisèrent. Le héros de cet ouvrage avait indéniablement « la main lourde ». Il n’hésitait point à réprimer avec force tout manquement à son autorité. Il pratiqua également sans faiblesse la guerre de la terre brûlée.

LA CONTROVERSE SUR LA LOCALISATION D’ALESIA
Danielle Porte, qui anime depuis 2005, l’association AAB-Cédaj – Archives André Berthier), étudie la controverse sur l’emplacement exact d’Alésia. Pour certains, Alésia se situerait en Bourgogne, alors que pour d’autres la cité serait en réalité jurassienne. Les conséquences à tirer de cette controverse sont importantes : pour certains, Vercingétorix serait le gibier et pour d’autres le chasseur.

LES ORIGINES DE LA FRANCE
Danielle Porte revisite les origines de la France en s’appesantissant sur les mondes gaulois, celte et germain ainsi que sur l’apport de Rome. L’illustre Brennus, auteur de la célèbre phrase « malheur aux vaincus » et magnifié par Charles de Gaulle pour lequel « nos pères entrèrent dans l’histoire avec le glaive de Brennus », est évoqué comme le fondateur de la civilisation gauloise et de ses célèbres druides. Le monde gaulois est présenté avec finesse et précision. L’on apprend par exemple que Jules César avait un druide gaulois comme conseiller. A la fin, les druides n’avaient plus aucune animosité envers Rome. Les Gaulois avaient nombre de coutumes que l’auteur passe en revue.

LES SOURCES DE L’OUVRAGE
L’un des attraits de cet ouvrage, c’est que de multiples sources sont convoquées, allant de l’archéologie aux textes, comme par exemple le célèbre ouvrage de Jules César La guerre des Gaules. L’auteure a recouru à beaucoup de sources romaines et à d’autres sources. En effet, comme Jeanne d’Arc, Vercingétorix est un mythe, qui inspira toutes sortes d’historiens comme Michelet et d’hommes politiques comme Napoléon III.

Danielle Porte est une passionnée. Comme chez beaucoup d’historiens, la querelle sur l’emplacement d’Alésia (Bourgogne ou Jura) est fondamentale pour elle. Son ouvrage est passionnant, dense, complet et écrit avec rigueur. Il comprend un glossaire, un lexique ainsi qu’une bibliographie. On apprend beaucoup, et ceci avec plaisir ! Bravo !

Danielle Porte, « Vercingétorix. Celui qui fit trembler César », éditions Ellipses, juin 2013, 527 p., 24,40 euros.

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

One thought on “« Celui qui fit trembler César » : Danielle Porte revient sur la figure de Vercingetorix”

Commentaire(s)

  • Yannick Jaouen

    Effectivement un excellent livre,très documenté et très complet.

    août 19, 2013 at 11 h 41 min

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