BD
[Live Report] We Do BD

[Live Report] We Do BD

14 octobre 2015 | PAR La Rédaction

Le weekend dernier avait lieu à Paris la dixième édition de We Do BD, anciennement Festiblog. Cette rencontre annuelle des auteurs de blogs BD, ce qu’on appelle parfois la « blogosphère », était l’occasion pour Toute La Culture de se pencher autant sur le festival en lui-même que sur le phénomène des blogs BD, qui se répandent à une vitesse folle sur la toile.

Un festival de BD, on y va avant tout pour voir des auteurs, échanger avec eux, et leur faire dédicacer un album. C’est un peu la pêche aux dessins originaux, et disons que s’il y a des animations en plus, c’est très bien, mais c’est juste du bonus. Mais avec We Do BD, il faut quand même reconnaître que les animations ont sacrément du bon ! Le Festifight Club, les Masters Classes et les catchs d’impros dessinés valaient vraiment le coup d’œil. Mention spéciale au concert de dessin, dont le concept mérite un peu d’explication : un groupe – Hey Pretty ! en l’occurrence – joue sur scène, tandis que derrière lui est projeté le dessin commun que réalisent plusieurs auteurs le temps d’une chanson, en s’inspirant de la musique. Les dessinateurs, souvent deux, doivent alors s’accorder à la musique, et créer ensemble, sans se concerter et sans revenir sur leur trait.

Le thème de We Do BD, ce sont les auteurs de blogs BD : des sites internets simplifiés où les auteurs publient gratuitement soit des extraits d’albums, soit des exclusivités. Un des exemples de référence reste le blog de Boulet, qui fait assez autorité en la matière. Ne manquez pas non plus celui de Balak , le parrain de ce We Do BD.
Cela fait quelques années que les blogs BD explosent sur le net, surfant sur la vague initiée par les YouTubers : le point de vue d’un individu, qui ne se prétend pas le moins du monde exceptionnel et se vante même du contraire, se mettant lui-même en scène dans une série de contenus en général assez brefs. Production particulièrement égocentrique par définition, dira-t-on, puisque le sujet d’un blog BD – tout comme celui d’une chaîne BD – c’est souvent soi-même ! Et en même temps, humilité du bloggeur BD qui parle certes de lui-même, mais qui en parle mieux que personne, car qui pourrait me connaître mieux que moi-même ? De plus, et comme déjà dit, ces auteurs qui se mettent en scène n’évoquent que leurs faiblesses et leurs tares pour mieux les moquer. Enfin, c’est bien le propre d’Internet de réunir en fourre-tout les productions de n’importe qui, et surtout d’inciter et de favoriser le dialogue entre l’auteur et ses lecteurs ; raison de plus, donc, pour faire de cet auteur quelqu’un d’accessible et de proche de son lectorat, ce qui peut passer, notamment, par une désacralisation de sa personne : Boulet est un pantouflard, Balak un obsédé, Feroumont un spectateur de Koh-lanta , Fabrice Erre un prof d’histoire-géo, et Zep est… Zep .
Bien sûr, se représenter n’est pas la règle, juste une généralité. Des auteurs comme Vivès  ou Daniel Lieske n’apparaissent pas dans leur blog.

Autre chose encore sur ces blogs, une typologie basique pour les diviser en deux grandes catégories. Voici d’un côté les blogs qu’on pourrait dire « à scan » : les auteurs qui se « contentent » de scanner leurs planches pour les mettre tel quel sur le net ; c’est la grande majorité. D’un autre côté, les blogs qui vont creuser un peu plus ce nouveau média pour l’exploiter, et proposer plus qu’une BD à travers un écran : passer par Internet suppose d’utiliser ses codes, qui sont des outils nouveaux pour transmettre plus, transmettre différemment un récit. Blog BD, oui, mais peut-on encore parler de BD lorsqu’on voit certaines créations telles les turbomédias de Balak  ou ces lonnnnnnnngues descentes de Boulet, ou même avec cet exemple extrême de Tony ? Aucune de ces œuvres ne fonctionneraient dans les pages A4 d’un album classique.
Voilà donc que cette florescence des blogs BD nous oblige à penser plus précisément le neuvième art, mais nous laisserons ici la parole à Balak (encore lui ! pas Parrain pour rien !), dont nous ne saurons égaler la définition juste, claire, et vraiment très cool 

Thibaut Lasfargues

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Festival Lumière Jour 2
La Rédaction

One thought on “[Live Report] We Do BD”

Commentaire(s)

  • Merci pour cette mise en lumière sur le festival et les blogs BD de manière générale. Je suis heureux que vous y ayez passé un bon moment et j’espère que vous y reviendrez :)
    Une petite précision au passage concernant la phrase « Cela fait quelques années que les blogs BD explosent sur le net, surfant sur la vague initiée par les YouTubers », les blogueurs BD n’ont pas vraiment suivis les Youtubers, les premiers blogueurs BD a succès ayant émergé en 2003/2004 avant même la création de Youtube.

    octobre 14, 2015 at 15 h 54 min

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