Cinema
[Un certain regard] « Nahid » : le talent d’une réalisatrice, sur une histoire un peu déjà-vue

[Un certain regard] « Nahid » : le talent d’une réalisatrice, sur une histoire un peu déjà-vue

18 mai 2015 | PAR Geoffrey Nabavian

D’indéniables qualités dans ce film iranien, le premier de sa réalisatrice. On regrette juste que l’histoire qu’il raconte manque d’originalité…

[rating=3]

NahidVoici un film qu’on voudrait aimer plus. Dans Nahid, beaucoup de choses font du bien. La mise en scène d’Ida Panahandeh présente des qualités esthétiques, et un vrai sens dramatique. Les scènes sont belles et bien écrites. Et les interprètes sont à l’avenant, avec une mention pour Navid Mohammadzadeh, très juste en père éternel enfant.

 Mais si le film raconte une histoire forte, on a pourtant l’impression d’avoir déjà vue celle-ci au cinéma : dans une petite ville côtière, une femme issue d’un milieu pas très riche – la Nahid du titre – aimerait se remarier avec Massoud, débonaire propriétaire d’un hôtel. Tout en craignant son ex-mari, Ahmad, ancien drogué, qui a accepté, lors de leur divorce, qu’elle ait la garde de leur fils… Et qui voudra avoir son mot à dire dans ce nouveau mariage…

De nombreux pièges sont évités : pathos, bons sentiments tire-larmes… Il n’empêche que l’on se sent en terrain connu. On regarde alors plus attentivement, et on trouve au film une grande qualité : si l’histoire pourrait se dérouler dans un autre pays, on traverse cependant tous les milieux de la société iranienne actuelle, de la classe aisée aux moins riches, dans lequel on remarquera que la pratique religieuse quotidienne tient plus de place. Nahid et son fils Amin Reza, eux, se situent entre les deux, dans une classe moyenne qui a ses chances – au niveau des écoles privées par exemple – mais dont ils pourraient bien chuter… Alors, même si l’histoire nous semble un peu rebattue, on s’accroche à Nahid, femme désireuse d’en finir avec ses problèmes. Minée parfois par des non-dits et des détours de langage, qui affectent ses homologues masculins autant qu’elle…

*

Nahid, un film d’Ida Panahandeh. Avec Sareh Bayat, Pejman Bazeghi, Milan HasanPour, Navid Mohammadzadeh, Pouria Rahimi. Durée : 1h45.

Visuel : © Memento Films Distribution

Retrouvez tous les films de la section Un certain regard dans notre dossier Cannes

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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