Séries
Un OVNI(s) parmi les séries

Un OVNI(s) parmi les séries

29 janvier 2021 | PAR Ilan Lévy

Une série brillante, un retour gagnant dans les années 70, et des OVNI(s) omniprésents…et cachés.

S’il est un acteur qui n’a pas eu la carrière escomptée, c’est bien Melvil Poupaud. Jeune prodige dans les années 90, plus discret ensuite, il renait depuis quelques temps grâce aux séries. Il explose ici dans le rôle de Didier Mathure, nom sans soute pas choisi au hasard car il semble tantôt mature, tantôt immature au fil des 12 épisodes.
Ingénieur ultra-cartésien au début, il est responsable du programme spatial français, dont la première fusée explose en vol « alors qu’il ne se trompe jamais dans ses calculs ». Mis au ban du CNES, il devient, malgré lui, directeur du GEPAN-Groupe d’études des phénomènes aérospatiaux non identifiés-, ce « machin à la française » existe vraiment et se charge d’étudier les OVNI.

Le GEPAN, une invention française

Pour ce rationaliste hors pair, jeune papa un peu largué avec ses enfants depuis son divorce, c’est une mise au placard en règle. Il est d’ailleurs chargé par ses supérieurs de liquider le GEPAN. Hors, il est pris lui-même dans un imbroglio avec des « extraterrestres » auquel il ne se semble pas croire…au début. L’équipe du GEPAN est d’un grand soutien pour son action, grâce aux talents des acteurs magnifiques. Marcel, joué avec une teinte d’ironie toujours bien dosée par Michel Vuillermoz, dont l’apparition en Hyppolite, le cousin de Casimir a un côté magique et désuet, ainsi que , Véra et Remi, Daphné Patakia et Quentin Dolmaire, extraordinaires dans leur enthousiasme et leur ingénuité. Si l’on y ajoute Géraldine Pailhas, la femme divorcée et toujours bien présente de Didier, qui est à la fois sa concurrente, confidente et amante, ainsi que les deux enfants, la série propose un cocktail haut en température prêt à exploser de loufoquerie, cocasserie dans une ambiance très seventies.

Le retour des « Envahisseurs »

Dans une atmosphère très « Envahisseur » -les moins de 20 ne peuvent se reconnaître-, Didier Mathure se rend sur les lieux où a été aperçu un OVNI. Sous une pluie battante, il prend en stop un brave homme quelque peu désorienté qu’il remet à la police. Tentant d’élucider ces mystérieuses apparitions d’OVNI, toutes répertoriées au GEPAN, il se rend compte que l’homme aux mains de la police, n’est plus le même que celui qu’il a conduit.
S’ensuivent de nombreux quiproquos, où interviennent les services secrets français, une secte apocalyptique, VGE que Didier reçoit dans son bain, et de très nombreux OVNI, qu’inlassablement Didier tente d’expliquer rationnellement. Face à cette histoire qui le dépasse, les certitudes de Didier Mathure vacillent.

Back to the seventies

Le spectateur remontera avec délectation dans les années 70, où les téléphones sont à cadran et les voitures des 504 Peugeot. Les couleurs reconstituées et la bande son électro-seventies de Thylacine, avec quelques effets extra –terrestres, tendance « gendarme » ouvrent une infini de possibilités de croire ou ne pas croire en l’existence d’autres organismes vivants sur la terre.
Le final, très héros qui sauve le monde, ne donne d’ailleurs par de réponse à cette question jamais tranchée.
OVNI(s) où le rationnel se mêle à la fantaisie, teintée de tendresse et de clins d’œil savoureux, est un OVNI parmi les séries. Une deuxième saison est à l’écriture.

OVNI(s), Une série créée par Clémence Dargent et Martin Douaire, réalisée par Antony Cordier, Actuellement sur Canal Plus, 12 épisodes 30 minutes. 

visuel : affiche

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Ilan Lévy

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