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The Haunting of Hill House : bouleversante série horrifique sur le deuil.

The Haunting of Hill House : bouleversante série horrifique sur le deuil.

29 octobre 2018 | PAR La Rédaction

Après Jessie, l’adaptation du roman de Stephen King, Mike Flanagan revient sur Netflix pour The Haunting of Hill House, magnifique adaptation du célèbre roman éponyme de Shirley Jackson publié en 1959.
Par Marine Sulitzer

Quand un scénariste et réalisateur parvient à un tel niveau de perfection dans la narration et la mise en scène du paranormal, on se dit que cela relève de l’occulte. A croire que les bonnes sorcières de Salem, lieu de naissance de Mike Flanagan (véridique), se sont longuement activées sur son berceau.
Plus sérieusement, revenons à l’objet de notre admiration, The Haunting of Hill House, deuxième commande Netflix après Jessie, l’adaptation du roman éponyme de Stephen King qui laissait alors présager du meilleur. La plume sans faille et la mise en scène poétique de Mike Flanagan avaient d’ailleurs retenues notre attention dans The Mirrror, ou encore dans Pas un bruit, pour enfin, nous éblouir ici totalement.

Inspiré du livre La Maison Hantée de Shirley Jackson publié en 1959, The Haunting of Hill house raconte l’emménagement de la famille Crain dans un vieux manoir centenaire isolé qu’ils rêvent de retaper. Le hic? Ce dernier est hanté par des esprits affamés et malfaisants. Jusqu’ici rien de neuf sous le soleil de Satan et de la mythologie horrifique du genre. Mais voilà quand le talent s’en mêle, une histoire de fantômes et de manoir hanté devient un conte philosophique sur le deuil où la plus belle des lumière peut jaillir du néant et de l’obscurité.

Les bandes sons assourdissantes, les effusions de sang et les happenings à gogo tirent leurs révérences au profit de longs plans séquences à couper le

souffle (littéralement), et d’une trame narrative enivrante qui nous arrive au compte goutte, où le présent dialogue sans répit aucun avec un passé hanté par la disparition brutale d’un des membres de la famille. Le spectateur, pris à la gorge, assiste à ce ballet lyrique incessant, quasi obsessionnel dans la vie des personnages, sans jamais se perdre et toujours avec le coeur serré.

Le récit, abyssale, qui relate la rencontre avec la mort et l’occulte durant l’enfance et des comportements qui en découlent à l’âge adulte fascine. Nell et Luke les jumeaux, bouleversent par leur vulnérabilité, Shirley glace par sa froideur et sa colère intérieure, Steve quand à lui agace par son manque d’emphase et d’écoute et enfin Théo ensorcelle presque par son intellect battit comme une forteresse imprenable. Le déni, la colère, la discussion, la dépression et enfin l’acceptation, somme toute l’ensemble des étapes du deuil selon la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross, sont magnifiquement incarnées par chacun des protagonistes.

The Haunting of Hill house est certainement une série horrifique, mais avant tout un conte sur le deuil, les traumatismes, les relations familiales, et une réflexion sur le pouvoir terrifiant de l’inconscient sur ce que l’on pense être le destin.

visuel : affiche de la série

Ella Bergmann-Michel & Robert Michel à la galerie Eric Mouchet et Zlotowski
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La Rédaction

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