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« Hamishim » une plongée ultra-réaliste dans le quotidien d’une mère et veuve de 50 ans

« Hamishim » une plongée ultra-réaliste dans le quotidien d’une mère et veuve de 50 ans

25 juillet 2021 | PAR Yaël Hirsch

Une autre série israélienne attachante est à voir sur arte. Hamishim (« Cinquante » en hébreu) de Yael Hedaya nous fait entrer en 8 petits épisodes dans la vie d’Alona (Ilan Ben-Yaakov), 49 ans un quart, trois enfants, veuve depuis 8 ans et sans activité sexuelle depuis autant de temps… Cru et réjouissant. 

Le parcours d’une combattante

Ilona a donc deux filles à fleur de peau, un garçon un peu asperger, un chien et un projet de série sur les femmes de 50 ans que personne ne veut… Veuve, elle porte tout, s’occupe de tout : son père atteint de démence qui vient diner chaque vendredi, le chagrin d’amour de son aînée et même puisqu’elle refuse le business du voyage en Pologne de son fils, de « marrainer » un ancien déporté. Elle a beau être séfarade, la Shoah est omniprésente dans ses vannes percutantes, le swipe de Tinder rejoignant la sélection de la rampe d’Auschwitz… Vive et vivante, elle ne veut pas du tout reprendre une vie commune avec un homme mais au moins reprendre une vie sexuelle après des années de jachère. Conseillée par ses copines, également assez en galère, sur-vendue par son père et souvent empêchée par ses enfants qui l’adornte mais lui parlent tellement mal et ont tellement l’habitude de tout recevoir, elle navigue à vue, craint le grand âge qu’elle voit arriver et prend un maximum de tranches de réalité pour inspirer sa série.

Une série noire et profonde

Apre et sans concessions, Hamishim aborde des sujets complètement cachés : la ménopause dans ses aspects les plus physiques et la solitude terrible du grand âge. Avec un humour noir, une comédienne formidable à qui Yael Hadaya n’épargne aucun coup bas et des dialogues ciselés, cette série ultra-réaliste croque avec violence et justesse notre course perpetuelle sur le marché amoureux et professionnel… Même bien armés et aimés, il semble aussi difficile d’y échapper qu’à la déchéance qu’apporte l’âge.

Hamishim, de Yael Hedaya, avec Ilanit Ben Yaakov, Hila Abramovitch, Yonatan Wachs, Israël, 2019, 8 x 23 min, A voir sur Arte.tv.

visuel (c) affiche / arte

 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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