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Au service de la France, saison 2 : Au secours les espions reviennent

Au service de la France, saison 2 : Au secours les espions reviennent

11 juillet 2021 | PAR Ilan Lévy

Une deuxième saison explosive de la parodie des films d’espionnage : Au service de la France débarque sur arte et arte tv. Irrésistible.

Une histoire d’espionnage

On avait laissé en fin de saison 1 le bel et jeune espion André Merleaux, mort pour avoir « trahi » la France. En lien avec le sous-directeur de son service, il tentait de confondre le directeur, le colonel Mercaillon, pour son passé trouble sous l’occupation. De plus, il convoitait la fille de ce dernier, un peu à l’étroit dans cette France gaulliste et rêvant de grands combats féministes.
Dans la saison 2, en pleine Guerre d’Algérie ou plutôt pendant « les événements d’Algérie », Merleaux revient parmi les vivants pour tenter de sauver « Moïse » le sous-directeur mis en prison par le rigide Mercaillon, et de plus épouser la fille de ce même Mercaillon.
Dans cette série française d’espionnage parodique qui se déroule dans les années 50 et 60, c’est plus le contexte drôlissime qui l’intrigue qui ravira le spectateur à le faire hurler de rire.

La France désuète fait merveille

Dans le contexte des années 60, le spectateur appréciera avec délice cette vieille France aux accents gaulliens.
Les hommes portent des pardessus, des costumes gris, des gilets, des chapeaux et fument tout le temps. Les femmes portent des jupes longues et des chignons et sont secrétaires. Evidemment, elles ne comprennent rien à la politique et au travail d’espionnage qui est l’apanage de ces beaux messieurs qui portent haut les couleurs de la France. L’épisode où Mercaillon vote pour sa femme est un des moments drôles du début de la série.
Le service d’espionnage totalement ringard est évidemment « le meilleur du monde » et l’arrogance française est ici portée à son pinacle.
Malgré la Guerre d’Algérie, il n’est pas question de lâcher un pouce du territoire français « l’Algérie, c’est la France ».
Un travail de qualité a été effectué sur les vêtements, les lieux, les voitures pour remettre les Français du XXIème siècle dans une époque où la France « dominait le monde »
La manie bureaucratique pesante, les nombreux vices de procédure et la hiérarchie pesante apportent une touche ironique à ce petit monde tellement désuet et ampoulé. Un incident à Cuba en 1961 où une directive française n’a pas été respectée a d’ailleurs déclenché la crise de 1962.

Quand le vernis craque

Les femmes arriveront-elles à faire avancer ce petit monde arrogant et ringard ?
Tout à sa tâche de faire tomber Mercaillon, qui a livré son père aux nazis, Merleaux se prépare à épouser la fille de ce dernier. Qui de l’intrépide secrétaire Marie-Jo ou de la femme de Mercaillon qui n’en peut plus de sa condition de bourgeoise catholique à la maison, fera trembler le bel édifice ?
Le pauvre Mercaillon, porteur à lui seul de toute la raideur bourgeoise de cet époque, entre sa femme et ses velléités émancipatrices tardives et sa fille féministe qui a rejoint le camp de l’Algérie indépendant, y survivra-t-il ?

Un casting haut de gamme

La série créée par Jean-François Halin, autrefois auteur des Guignols de la grande époque, pulvérise joyeusement les grands mythes de la France gaullienne au gré des soubresauts d’un service d’espionnage confronté à la modernité et à la guerre froide. Les acteurs s’en donnent à cœur joie dans le côté parodique et arrogant, Hugo Becker incarne merveilleusement le jeune espion idéaliste qui veut régler son compte au monde ancien. Wilfred Benaïche (le colonel Mercaillon) fait montre de l’étendu de son talent dans ce personnage droit comme un I, rigide et collabo. Les femmes Marie-Julie Baup (Marie-Jo) et Stéphanie Fatout (Irène) enfoncent les portes et explosent les cadres d’une société qui peinent à leur faire une place.
Un divertissement drôle où le second degré trouve dans cette série ses lettres de noblesse.

Au service de la France, Saison 2, 12 épisodes de 31 minutes, Arte et artetv. 

visuel : affiche (c) arte 

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Ilan Lévy

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