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Rencontre avec Cédric Arppietto, nommé dans la catégorie second rôle dans DE GRANDES ESPERANCES de Sylvain Desclous

Rencontre avec Cédric Arppietto, nommé dans la catégorie second rôle dans DE GRANDES ESPERANCES de Sylvain Desclous

18 octobre 2022 | PAR La Rédaction

Présent aussi dans Annie Colère à la programmation du festival Jean Carmet qui se tient en ce moment à Moulins, nous avons rencontré Cédric Arppietto entre deux séances.

Par Farah Malaoui

Qu’est-ce qui vous attire dans les festivals, et le festival Jean Carmet en particulier ?

Pour moi, c’est surtout l’occasion de discuter, de faire des rencontres, et partager un moment de cinéma. En l’occurrence, je suis nommé en second rôle pour De Grandes Espérances dans lequel j’ai un rôle d’ouverture de film et ensuite en filigrane ; et je suis aussi dans le beau film de Blandine Lenoir, Annie Colère. Je trouve super sympa de la part du festival de m’avoir invité et de m’avoir nommé dans cette catégorie, quand on voit la sélection il y a vraiment de supers seconds rôles, y compris dans le film de Sylvain où on est plusieurs à être nommés dans la même catégorie.

C’est important d’être nommé dans un second rôle ?

C’est toujours flatteur et c’est une récompense en soit d’être nommé. Cela prouve que mon travail est vu et remarqué.

C’est des petites touches qui font plaisir dans ma vie de comédien.

Sans votre personnage, il n’y a pas d’histoire. Finalement, qu’est-ce qu’un second rôle ?

J’interviens comme un déclencheur, à partir de ce personnage l’histoire se trame. Dans un second rôle, l’acteur doit exister, il doit être marquant. Dans le film, il y a d’autres seconds rôles marquants, je pense à la militante de l’usine qui est très juste dans son jeu, elle fait une intervention remarquable.

Le film aborde plusieurs thèmes, pour vous quel est le propos principal du film ?

Comment peut-on continuer à vivre en ayant commis un acte impardonnable ? Comment on se sort de l’état dans lequel on est pour aller vers son envie profonde. Elle, très de gauche, se bat pour ses convictions et aussi sortir de sa modeste condition sociale. Lui, vient d’un milieu bourgeois, plutôt arriviste et nonchalant, il se comporte comme si tout lui revient de droit. Ce sont des chemins de vie différents, mais à un moment donné ils sont confrontés aux mêmes obstacles. Les ressources pour y face ne sont pas les mêmes. En cela, c’est un film politique. D’ailleurs, on les retrouve à l’affrontement sur le terrain politique.

C’est un film qui aborde aussi la filiation ?

Et en particulier la figure du père. Ce sont 2 paternités différentes. Il y en a un qui porte sa fille, et l’autre qui plombe son fils. Par exemple, Marc Barbé est très subtile dans son interprétation. Il arrive avec des petites touches à transmettre tout le background du personnage, on sent qu’il n’a pas toujours été présent et pourtant il va être d’un soutien capital.

Le film se déroule en Corse. Une terre que vous connaissez … ?

Oui, je suis d’origine Corse. Sylvain Desclous, le réalisateur cherchait un acteur corse pour interpréter ce rôle certes très ancré, mais pas caricatural. On s’est éloigné de l’accent pur à effet carte postal, pour travailler un personnage à travers son énergie.

Votre personnage vous ressemble-t-il ?

Il ressemble à certains corses que j’ai pu connaître ou imaginer dans des scènes de la vie quotidienne. Pour résumer, mon personnage roule paisiblement, il est rattrapé par un touriste qui va vite et le klaxonne. Evidemment il s’arrête pour s’expliquer, et le malheureux touriste a la maladresse de lui proposer de l’argent pour tout arranger… à partir de là tout vrille.

Comment Sylvain Desclous vous a-t-il présenté l’histoire ?

C’est quelque chose qui lui est arrivé personnellement. Il s’est retrouvé sur une route déserte en Corse, un type arrive en face, au moment de se croiser il lâche un mot injurieux. El là, le Conducteur corse s’arrête et vient le voir. Il est parti de cet incident pour construire une histoire en poussant à l’extrême la situation.

Le film est très réaliste, comment l’expliquez-vous ?

C’est sa force. Cela tient dans les personnages très creusés. Chacun a une histoire. Sylvain a donné de la densité aux rôles différemment, et grâce au casting avec Rebecca Marder, Benjamin Lavernhe, Pascal Elso et Emmanuelle Bercot, et Marc Barbé que j’adore. Les rôles sont riches, mais surtout représentatifs d’une certaine société. Sylvain a su superposer plusieurs thèmes : différentes strates sociales ; différents courants de la sphère politique. Il aborde la paternité, la lutte pour l’emploi, l’engagement. Je découvre encore des angles nouveaux, en revoyant le film.

Comment s’est déroulé le tournage ?

Il a été tourné il y a 1 an et demi, juste après le covid et le tournage a duré 1 mois et demi, c’est rapide. Une première partie de l’histoire se déroule en Corse où on a tourné, et la seconde partie à Lyon où je suis retourné pour quelques scènes puisque l’histoire me convoque. Malgré le thème du film, l’ambiance était très joyeuse, on a travaillé dans un climat d’écoute et de confiance. Sylvain est un bon vivant et quelqu’un de sincère, on a partagé une belle tranche de vie.

Une bonne ambiance, c’est important pendant et après le tournage ?

Oui, et j’ai la chance de travailler avec des réalisateurs formidables. Beaucoup de cinéma d’auteurs, il n’y a pas forcément de lien entre les deux. J’aime travailler avec des réalisateurs simples, efficaces qui savent communiquer sur ce qu’ils attendent. Il n’y a rien de pire que de se retrouver sur un plateau sans savoir où on va.

Où peut-on voir prochainement ?

Cette année dans le film de Catherine Corsini Le Retour qui se déroule aussi en Corse au hasard. Et dans le film IBIZA de Stéphane de Moustier.

***

Visuel : ©Paule Santoni

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La Rédaction

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