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Boulevard Davout : une balade poétique dans le XXème

Boulevard Davout : une balade poétique dans le XXème

18 octobre 2022 | PAR Orane Auriau

Le Théâtre de la Colline nous a proposé une création hors-les-murs jusqu’au 16 octobre, fruit du travail du collectif OS’O. Retour sur cette pièce déambulatoire poétique, côté Boulevard Davout. 

Du 28 septembre au 16 octobre, les alentours du Boulevard Davout – côté cité Python-Duvernois – furent un temps l’espace scénique de la troupe OS’O. Pour assister à la pièce donc, rendez-vous au jardin Serpollet, devant les baies vitrées de la piscine Godard, après avoir longé le tramway T3b. Le point de réunion est marqué par des chapiteaux et des transats estampillés La Colline. Une fois le public réparti en trois groupes distincts, le spectacle peut commencer. 

Né d’une carte blanche accordée par Wajdi Mouawad durant le deuxième confinement, Boulevard Davout est un récit poétique qui enchante un quartier d’ordinaire ignoré, devenant un espace rêvé, oscillant entre documentation et fiction. Le quartier le plus pauvre de Paris se métamorphose ainsi durant deux heures en un espace de création. Nous sommes immergés dans un espace en rénovation et en mouvement, relégué aux abords du périphérique, du côté d’un boulevard arborant le nom d’un général napoléonien. 

Nous sommes au lendemain d’une tempête. La déambulation se divise en trois récits, quatre espaces. Les histoires ne sont certes pas approfondies, mais cela n’empêche de passer un moment agréable. 

Ce théâtre au coeur de la ville dresse le portrait de ses habitants, de ses anonymes. C’est un triptyque d’anecdotes contant les joies et difficultés de leurs existences, attachées à cet espace de vie, à cette architecture qui ne répond pas à la mythologie parisienne haussmannienne. Leurs histoires non plus ne sont pas idylliques, n’épargnant pas la thématique du suicide, du cancer ou du mal-logement. Dans un premier tableau, un dépressif suicidaire rencontre une jeune SDF aux pouvoirs surnaturels – elle peut prédire la date de mort de n’importe qui. Lui est prêt à se jeter du toit, violemment pessimiste et plaintif – elle, le sourire aux lèvres, parle de la mort comme d’une amie. Deuxième panneau du triptyque, un architecte au projet utopiste face à une promotrice immobilière native du quartier. Autre histoire, celle d’un jeune homme, Abdias, logeant dans une voiture en quête d’un studio, face à une assistante sociale puis à un dermatologue retraité recherchant un colocataire… Trois scènes interchangeables, qui ont pour point commun le quartier. Les personnages en sont indissociables. 

Certains spectateurs ont quitté le jardin le sourire aux lèvres, il faut dire que ce genre d’expérience est toute autre qu’en salle. Ce n’est certes pas le Paris rêvé d’un film américain, mais celui-ci est réel et quotidien. Touchant, parfois humoristique, la sincérité et cynisme se mêlent dans un même paysage.

 

Crédits photo : Scène de Boulevard Davout. © Tuong-Vi Nguyen

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Orane Auriau

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