Cinema
« My Mermaid, My Lorelei » de Nana Jorjadze en cloture du Festival L’Europe autour de l’Europe

« My Mermaid, My Lorelei » de Nana Jorjadze en cloture du Festival L’Europe autour de l’Europe

18 avril 2015 | PAR La Rédaction

Apres avoir triomphe dans plusieurs festivals (Varsovie, Tbilissi), le dernier film de la realisatrice géorgienne, Nana Jorjadze (Camera d’or 1987 pour Robinsonnade/ Les Tribulations de mon grand-père anglais au pays des bolchéviks) a marque la fin de l’édition 2015 du festival L’Europe autour de l’Europe, à Paris. La réalisatrice a elle-même présenté son nouveau film au public. Intitulee My Mermaid, My Lorelei (Ma sirene, ma Lorelei), l’oeuvre de Nana Jorjadze a seduit le public de cinephiles europeens du Cinema L’Entrepot (parmi lesquels le realisateur neerlandais Jos Stelling) tant par la vivacite de ses images que par l’originalite de son sujet.

[rating=4]


La réalisatrice Nana Jorjadze est venu de sa ville, Tbilissi, pour présenter son nouveau film au cinéma L’Entrepôt. Co-production entre la Géorgie et l’Ukraine My Mermaid, My Lorelei a à son affiche une belle série de stars, dont le rockeur ukrainien Oleg Skripka et le groupe de rock géorgien Asea Sool.

Portée par l’incendiaire beauté de la jeune première Ekaterina Molchanova, le film dépeint une éducation sentimentale inattendue dans le Odessa foisonnant du début des années 1980, là où l’on sentait que l’heure de la liberté (aussi bien privée que politique) commençait a faire sentir son urgence. L’histoire est celle de deux adolescents fascinés par la beauté de leur quartier, Nuyrka. Actrice en devenir et plutôt prostituée en action en attendant, Nyurka ne rêve que d’une chose : filer a Moscou pour interpréter le rôle de son héroïne préférée : Angélique, Marquise des Anges. Alors que, comme dans un film italien des années 1960, un peu plus réaliste et triste, capitaines et ouvriers, célibataires et hommes maries, tournent autour de la belle, le plus jeune des deux amis emporte son cœur. Il a 14 ans, elle en a 18. Ils se disent « fiancés » et choquent leur petite communauté qui ne comprend pas leur liaison. D’une pureté absolue, ce lien permet à l’artiste qui vend son corps de retomber en enfance et au garçon plein de pulsions d’en sortir par sublimation. Et tout ceci, avec une grâce et une beauté que la camera de Nana Jorjadze retient comme un précieux trésor de jeunesse. Le tout est rythme par un rock-punk qui vient régulièrement nous rappeler que le tourbillon d’images qu’on nous offre parle avant tout de révolte et de liberté. Une explosion de vie et de sentiments qui fait l’effet de la sève du printemps.
Réservée et modeste, la realisatrice Nana Jorjadze a peut-être découragé les questions les plus témeraires et l’on a pu regretter que le débat n’ait pu avoir lieu. Néanmoins, le public est sorti ravi par cette histoire d’amour anticonformiste dans une Ukraine en transition

My Mermaid, My Lorelei (Moya rusalka, moya Lorelyay), de Nana Jorjadze, avec Ekaterina Molchanova, Oleg Skripka, Yevgeniy Ryba, Mikhail Shteinshnaider, Viacheslav Khakhalkin, Aleksandr Onishchenko, Buba Djordjadze, Svetlana Moskvina, Ukraine-Russie, 2014, 80 minutes.

Texte . Vladislav Davidzon et Yael Hirsch
visuels: VD

[Critique] Un « Jeu de l’amour et du hasard » bien en équilibre entre classicisme et modernité, à la Folie Théâtre
La fabrique des icônes à la galerie Argentic à Paris : légendes fardées pour l’éternité
La Rédaction

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.


Soutenez Toute La Culture