Cinema

Manoel de Oliveira meurt à 106 ans 

Manoel de Oliveira meurt à 106 ans 

02 avril 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Serge Toubiana, le Directeur Général de La Cinémathèque française ne cache pas sa peine : »Il ne faudrait vraiment pas que l’on se contente de garder en mémoire, à propos de Manoel de Oliveira, qu’il fut le cinéaste en activité le plus âgé de toute l’histoire du cinéma mondial. Ce serait faire un sort injuste à sa mémoire. Car il fut bien plus que cela, un très grand cinéaste, né en 1908 à Porto, sa ville, qu’il a filmée et qu’il aimait, auteur d’une soixantaine de films, courts ou longs, voire très longs – son adaptation du Soulier de satin, d’après Claudel, œuvre magnifique, autant lyrique que plastique, durait 6 heures cinquante. »

 

Pour nous, il était l’immortel. Plus vieux, plus éblouissant, plus inaltérable, Manoel de Oliveira, qui frôlait alors les 105 ans, gardait sa fraîcheur et son énergie de jeune homme. Avec L’étrange affaire Angelica, il nous a offert un film puissant et fou sur la mort et l’obsession amoureuse. Mélange de fantastique et de quotidien, ce film possède un charme insolite, inconfortable. Oliveira filme une mort érotique, troublante, terriblement attirante.

Manoel de Oliveira avait connu le temps du muet. Ce souvenir précieux du temps où le cinéma n’était qu’images est resté très présent dans toute son oeuvre, accentuant sa force narrative. Il était avant tout un conteur d’histoires, qui croyait en la capacité du spectateur à comprendre les personnages et leurs émotions. Quand il parlait de ses films, il avait aussi ce regard candide, cette croyance en les sentiments profonds. C’était un homme sage, toujours un peu dans l’enfance. Gebo et l’ombre, l’un de ses derniers films sorti l’année dernière, trouvait son inspiration « dans les origines mêmes du cinéma et où l’éclairage des personnages et des décors semblait provenir de lanternes magiques, d’un théâtre optique ou de machines à rêves », nous explique le communiqué de presse de la Cinémathèque.

Malgré cette disparation attendue mais regrettée, il n’est pas trop tard pour découvrir la cinématographie de ce grand cinéaste des émotions et des origines.

Ecrit par Amélie Blaustein-Niddam et Constance Delamarre

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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