Cinema

« Lola vers la mer » ouvre la nouvelle édition du festival Chéries-chéris

« Lola vers la mer » ouvre la nouvelle édition du festival Chéries-chéris

20 novembre 2019 | PAR Lou Baudillon

Pour sa 25ème année, le festival Chéries-chéris, festival du film LGBTQ+ œuvrant pour la représentation et l’inclusion du cinéma LGBTQ+, s’offrait hier soir au MK2 Bibliothèque une cérémonie d’ouverture touchante, suivie de la première parisienne de Lola vers la mer de Laurent Macheli.

Le festival Chéries-chéris, un moment de lutte et de fierté

Films documentaires et de fictions, de genre et d’auteurs, courts-métrages et longs, films expérimentaux, cinéma français et de partout dans le monde, cinéma engagé et bien souvent inédit, c’est ce que défend le festival Chéries-Chéris à travers sa programmation. L’incroyable diversité de toute une culture est accessible sur une semaine à travers un large panorama de films. Au delà d’un écho évident aux luttes du mouvement, c’est un moment de fierté pour les acteurs de la communauté LGBTQ+ et de son cinéma créatif et ambitieux. C’est également une manière de partager ce cinéma au delà des cloisonnements auxquelles il est bien souvent confronté. En cela, cette 25ème édition du festival tient à s’ouvrir aux questions féministes ainsi qu’à celles de la déconstruirions des genres. Un festival à la fois inclusif et ouvert sur le monde, notamment par sa programmation de films venus de l’international qui n’ont pour certains jamais été montrés à un public français. Un moment nécessaire dans un climat contemporain encore bien souvent hostile aux personnes LGBTQ+. C’est précisément dans ce but que cette année présentait une petite nouveauté : un week-end before dédié au cinéma documentaire militant. Des images ouvertement politiques et combattives d’acteurs engagés qui interrogent les luttes LGBTQ+ d’hier et d’aujourd’hui telles que le féminisme, l’accueil des réfugiés, la parentalité et la PMA.

Lola vers la mer, « Ce film a été pensé comme un cadeau »

Pour ouvrir le festival, le film belge de Laurent Macheli, Lola vers la mer, récit solaire et poignant de Lola, jeune fille trans en pleine émancipation face au rejet de son père. « Ce film a été pensé comme un cadeau, un cadeau pour une communauté et pour le public », c’est ainsi que Laurent Macheli, le réalisateur, accompagné de la comédienne Mya Bollaers qui interprète Lola, présente son film. Un cadeau, cela l’est assurément. D’une beauté douce et vive, il s’agit du récit d’émancipation de Lola qui se trouve non seulement très jeune confrontée aux difficultés de sa condition identitaire, mais qui de plus doit faire face au rejet violent de son père qu’elle retrouve après 2 ans à l’occasion des funérailles de sa mère. Père et fille se retrouvent portés par les circonstances à partir vers la mer, où la mère de Lola désirait qu’on y disperse ses cendres. Fort et visuel avec ses faux airs d’un Xavier Dolan, le film touche par sa confrontation avec la réalité, sans idéal ni apitoiement, d’une femme trans courageuse et caractérielle face à son père en proie à une souffrance si forte qu’il ne l’exprime que par la violence. Une œuvre sur la transidentité, sur l’acceptation et les peurs, sur le deuil et la famille qui présente ces questions de manière universelle et pleine d’espoir. 

Ainsi commence en beauté jusqu’au 26 novembre le festival Chéries-chéris dans les MK2 Bibliothèque, Beaubourg et Quais de Seine. Pour plus d’informations sur la programmation à découvrir ici.

 

Visuels : ©Affiche officielle Lola vers la mer ©Affiche officielle festival Chéries-chéris

« La Vita Nuova », Castellucci s’empare du Paradis au Festival d’Automne
« Dans trente ans, le constat sera qu’on se sera autodétruits », une interview de Charlotte Le Bon, narratrice du documentaire Anthropocène – L’Époque humaine
Lou Baudillon

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *