Cinema

La rentrée de la Cinémathèque : la parole aux colts, avec Sergio Leone

La rentrée de la Cinémathèque : la parole aux colts, avec Sergio Leone

04 septembre 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

Pour bien commencer cette saison, la Cinémathèque française propose une pétaradante rétrospective autour de Sergio Leone. Hier soir, ouverture, officielle et instructive. Avec l’une de ses plus indémodables réussites : Le Bon, la Brute et le Truand.

Le Bon la Brute et le Truand 3Ce soir, Costa-Gavras, Serge Toubiana et Jean-François Rauger sont là pour nous accueillir à la Cinémathèque. Normal : c’est la rentrée. Après un court mot du président (Costa-Gavras), Serge Toubiana, le directeur général, nous parle de ce qui nous attend en ce début de saison 2014-2015 : un cycle autour du pétaradant John McTiernan, la redécouverte de Guy Gilles, et François Truffaut, à travers ses films et une exposition. Puis Jean-François Rauger introduit la rétrospective Sergio Leone. Réalisateur de cinq westerns essentiels de l’histoire du cinéma, et d’une grande fresque retraçant les années 30 à New York, Il était une fois en Amérique (1984). Un cinéaste chez qui l’on sent le « fort héritage romain », et l’intérêt pour « la poursuite d’un passé, peut-être imaginaire ». Le préambule est enrichissant.

On se lance ensuite dans une quête folle, qui prend place dans le Sud-ouest des Etats-Unis, pendant la guerre de Sécession : Le Bon, la Brute et le Truand. Ce film sorti en 1966 met en scène, d’une part, la rivalité entre deux figures de western, l’Homme sans nom (Clint Eastwood, trentenaire), vagabond très doué au fusil, et Tuco Ramirez (Eli Wallach), crapule parfaitement intarissable ; et la quête du tireur Oeil d’ange (Lee van Cleef), tueur souriant et impitoyable lancé sur les traces d’un magot disparu. Magot que les deux autres larrons vont poursuivre à leur tour… C’est un régal. Le style Sergio Leone ? Des gros plans sur les visages, des phases muettes au sein de l’action, et beaucoup de prise de risque. L’accompagnement sonore ? Ennio Morricone. L’interprétation ? Eli Wallach en fait des tonnes sans en faire trop, Clint Eastwood reste blond, stoïque et impose sa présence… Les scènes sont superbement écrites. Des gags pas lourds pour deux sous se glissent ici et là. Et la guerre, vue du camp nordique, fait beaucoup de morts. Et n’en apparaît que plus absurde. Juste bonne à être utilisée par nos héros opportunistes pour empocher de l’argent.

Courez revoir sur grand écran cet excellent classique. Ainsi que le merveilleux Il était une fois dans l’Ouest (1969), avec Charles Bronson en homme à l’harmonica, et Henry Fonda. Les plus curieux iront découvrir les premiers films réalisés par Sergio Leone : des peplums ! Comme quoi ses westerns doivent bien contenir quelque chose de l’ancienne Rome… Peut-être le portrait de quelques hommes confrontés à une catastrophe de l’histoire. Prenez donc le titre du Bon, la Brute et le Truand en ce sens. Et regardez-le.

Visuel : Clint Eastwood et Eli Wallach dans Le Bon, la Brute et le Truand © D.R.

Visuel Une : Clint Eastwood dans Le Bon, la Brute et le Truand © D.R.

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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