Cinema
Festival Format Court, Focus sur le court iranien de Ali Asgari et Farnoosh Samadi

Festival Format Court, Focus sur le court iranien de Ali Asgari et Farnoosh Samadi

20 novembre 2020 | PAR Lou Baudillon

Format court c’est aussi l’occasion de partir à la rencontre du cinéma international. Aujourd’hui c’est l’Iran que nous découvrons à travers le regard des réalisateurs Ali Asgari et Farnoosh Samadi. Par leurs films se dresse le portrait sobre d’une jeunesse brimée par les règles morales et gouvernementales iraniennes mais aussi, et surtout, celui de femmes.

La sélection s’ouvre sur deux films de la réalisatrice Farnoosh Samadi : Gaze et The role. Conte moderne, le premier film suit les pas d’une femme rentrant chez elle un soir. Alors que celle-ci soutient le regard de l’homme dont elle dénonce le vol dans le bus, la femme se retrouve menacée quand elle découvre qu’elle est poursuivie dans la rue. Ces quelques minutes nous plonge dans la réalité oppressante de l’insécurité des femmes en Iran. The role aborde lui aussi par un prisme ordinaire, la place des femmes. Lorsque son mari est refusé au casting d’un film mais qu’elle oui, une femme va devoir prendre une décision. Deux choix s’offrent alors à elle : faire ce dont elle a envie ou épargner l’égo de son mari. 

More than two hours et The baby sont les deux films courts de la sélection du réalisateur Ali Asgari. Dans le très angoissant More than two hours, un jeune homme tente de faire admettre sa petite-amie à l’hôpital après que celle-ci ait été blessée au niveau vaginal. Sa blessure nécessite une opération mais l’établissement refuse de la prendre en charge sans l’accord des parents ou du mari, or le couple n’est pas marié. Alors qu’ils insistent, la situation s’envenime quand l’hôpital contacte la police et oblige le couple à fuir. Avec The baby, on retrouve de nouveau cette idée d’une jeunesse en total dissonance avec la société dans laquelle elle évolue. On y suit une étudiante qui tente par tous les moyens de trouver un abris pour la nuit à son nouveau né qu’elle cache. On suppose alors que l’enfant est né  d’une union désapprouvée et son amie propose de cacher le bébé dans son dortoir étudiant.

Pour finir, est présenté un film co-réalisé par Ali Asgari et Farnoosh Samadi : Il Silenzio (The Silence). Moins ancré dans la démonstration de la société iranienne, le film raconte avec une émotion saisissante les difficultés de communication lorsqu’on est immigrant.  Une femme et sa fille se rendent a l’hôpital. Lors de la consultation, la fille doit servir d’interprète entre le médecin et sa mère qui ne parle que turc. Au moment du diagnostique, le médecin n’a pas d’autre choix que de s’adresser a l’enfant pour annoncer le cancer de sa mère, faisant alors peser sur les épaules tout le poids de la responsabilité de lui annoncer. Un lourd silence s’installe alors.

Les films, ainsi que l’entière programmation du festival Format Court, sont à découvrir ici !

 

Visuels : ©Gaze, Farnoosh Samadi ©Visuel Festival Format Court

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Lou Baudillon

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