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Yves Saint Laurent : le talent de Pierre Niney en DVD

Yves Saint Laurent : le talent de Pierre Niney en DVD

15 mai 2014 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Depuis le 8 mai, les fans du film Yves Saint Laurent de Jalil Lespert peuvent profiter du jeu éblouissant du duo Niney/Gallienne en DVD.

4516[rating=3]

Pour ceux qui ont raté la sortie en salle de ce qui se présentait comme un événement, l’affaire se résume à un fait : le film ne vaut que par ses comédiens. Ses comédiens oui, pas ses acteurs,  car ici, la place faite au théâtre est immense. Pierre Niney et Guillaume Gallienne tout deux issus du Français, Charlotte Le Bon que l’on a dégusté sur scène dirigée par Christophe Honoré, et des seconds rôles, également habitués des planches, ici dessinés avec précision :  Julien Lacroix en médecin, Marianne Basler en mère peu aimable de l’artiste, Arnaud Denis en avocat…

Le film est un biopic, ici, on s’intéresse donc plus à la vie de l’homme qu’à son oeuvre, immense. Yves Saint Laurent, prodige arrivé chez Dior à 21 ans en prend la direction à la mort du patron quatre ans après. Il rencontre l’homme de sa vie Pierre Bergé qui deviendra son mécène et son mentor.  Le film se place d’ailleurs dans la voix de Pierre Bergé (Guillaume Galliene) au moment où, veuf, il se déleste de leur encombrante, émotionnellement, collection d’art.

De Saint Laurent on aime les croquis, les robes, la révolution. Lui qui a inventé tout : le prêt-à-porter, le smoking pour dame, le noir. Lui qui a osé sortir des archives les lignes vestimentaires de la Collaboration avec « Collection ’40’ « , en 1971, à l’heure où la France commençait à se réveiller et à prendre conscience de sa responsabilité. Si on entre dans les anciens ateliers du créateur pour les essayages des mannequins Victoire Doutreleau (Charlotte Le Bon) puis Betty Catroux (Marie de Villepin) et malgré la présence des modèles authentiques jusqu’aux lunettes de Saint Laurent, le processus de création n’est que survolé dans un geste de camera aspetisée. Ici, on insiste sur la relation orageuse qui unit Yves Saint Laurent, coureur et drogué à Pierre Bergé, placide, cela à grand renfort de musique. Elle est signée par le trompettiste ( et pianiste !) Ibrahim Maalouf, mais omniprésente et lyrique, elle ajoute de l’emotion à l’emotion faisant de ce film une robe un peu trop enrubanée. Cela ne ressemble pas à l’élégance du travail d’orfèvre de Saint Laurent. Mais C’est le contrat, un biopic est un biopic, et Jalil Lesper a cherché à reproduire le vrai au plus prés du vrai, cela on ne peut pas  le lui enlever. Mais au delà de la prouesse, pas grand chose ne subsiste.

Les bonus permettent d’aller plus loin. On accède au making off et l’interview du brillant Niney permet de comprendre comment il a travaillé. On entend aussi Pierre Bergé, dans une interview sensible.

Disponible en DVD, Blu-Ray, VOD et téléchargement : 08/05/2014
Réalisation : Jalil Lespert
Avec : Pierre Niney, Guillaume Gallienne, Charlotte Le Bon, Laura Smet, Marie de Villepin
Durée : 100 Minutes

Editeur: © SND

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

One thought on “Yves Saint Laurent : le talent de Pierre Niney en DVD”

Commentaire(s)

  • Jean-Paul Desverchère

    Yves Saint Laurent, usine à gaz pulsionnelle, bouillante et sensitive, se projette vers les sommets de son art, en compagnie de divers éclairs et effondrements instinctifs, reconduits régulièrement de manières intensives.

    Le bateau tangue dangereusement sans jamais sombrer, ceci grâce à un compagnon de route lucide sobre et investi, impuissant devant les incessants naufrages d’un esprit hautement créatif dont les éclairs de génie se retrouvent souvent en concurrence avec le besoin de s’autodétruire.

    Un créateur timide et angoissé, brillant dans le discernement, complètement absent dans la récupération festive, implose dans des nuits sulfureuses dont la finalité est la conquête d’un statut d’épave récupérée au petit matin.

    La belle et la bête, en cohabitation constante, près ou très éloignée d’une entreprise thématique encensée par un public conquis par la face visible d’un iceberg à double face, étincelant à la lumière, démantelé en coulisses.

    Un trajet cabalistique entre la grâce et son inverse. Le yin a la poursuite du yang, équilibre perpétuel d’une machine émotionnelle incapable de se stabiliser durablement dans un seul de ces deux concepts.

    août 13, 2014 at 13 h 40 min

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