Cinema

Dernier jour de la 20e édition du Festival international du film d’Aubagne

Dernier jour de la 20e édition du Festival international du film d’Aubagne

24 mars 2019 | PAR Yaël Hirsch

Radieuse, cette dernière journée de Festival a prisé la question des femmes compositrices, a permis de voir les films de Felix van Groeningen et Alexis Michalik et à couronné A Woman Captured de Bernadette Tuza-Ritter (Musique de Casaba Kalotas) avant de nous livrer le ciné concert de la masterclass dirigée par Christophe Héral.

La journée a commencé sous un soleil pratiquement estival, sur le toit de l’hôtel link pour deux interviews passionnantes. Alors que le dvd de son film vient de sortir au Pacte et qu’elle est venue parler de son travail avec le compositeur Gregoire Hezel pour l’adaptation du roman de Christine Angot, Un amour impossible, Catherine Corsini a répondu à nos questions. Elle a notamment évoqué la manière intuitive, faite d’allers et venues dont elle a organisé la musique du film avec son compositeur. Interview à venir.

Puis c’est Julie Roué, compositrice notamment de Jeune Femme de Leonor Sérail, qui nous a parlé de son métier, de son goût pour la pop et la chanson et de ses deux groupes : About Luke et Carte Contact. Interview à venir.

Nous l’avons retrouvée aussi vivante et peut-être encore plus brillante dans l’exercice traditionnel de la Masterclass, animé, comme l’an dernier, par Benoît Basirico. En général, il y a un seul compositeur invité pour faire la leçon de musique. Cet cette 20e édition, elles étaient trois et trois femmes : Selma Mutal, Julie Roué, Florencia Di Concilio (Ava de Léa Misius). Et nous avons assimilé quelques chiffres : en 2018, il y a 300 films français produits et seulement 6 % de femmes compositrices. Depuis les années 1970, il n’y a eu que deux femmes primées aux César: Emilie Simon et Béatrice Thiriet (qui avec Marie-Jeanne Serero sont les deux figures de proue des femmes compositrices). Comparant sa discipline avec l’architecture où il y a peu de femmes, Selma Mutal parle plus du problème de se rendre visible que de la question de la capacité. Florencia Di Concilio s’est emportée contre les clichés sur contenu des compositions féminines. Chacune des trois compositrices est revenue sur son parcours, mettant en avant qu’il n’est pas si évident pour une femme d’envisager la composition de musique de films comme métier. Selma Mutal a explique avec l’exemple de Claudia Llosa comment la compositrice entre dans la tête du réalisateur ou de la réalisatrice. Et la compositrice de Tony Gatlif, Delphine Mantoulet, est venue les rejoindre pour parler d’un travail de longue haleine (6 films) avec un réalisateur qui est aussi musicien.

Souffrant, Felix van Groeningen, invité d’honneur du festival n’a pas pu se déplacer mais il a laissé une longue vidéo dans laquelle il s’est remémoré ses souvenirs heureux à Aubagne, il y a dix ans pour son deuxième long-métrage. Il a aussi parlé de son dernier film, encore à l’affiche et qui s’inspire des deux romans écrits par un père et son fils, aux prises avec l’addiction à la drogue dure du fils. Très classique, un soupçon américain et moraliste ce qui est surprenant pour le réalisateur de La merditude des choses, My beautiful boy (lire notre critique) est néanmoins porté par ses acteurs. En père aimant et dépassé, Steve Carell est juste merveilleux et le jeune Timothée Chalamet crève l’écran en junkie de 18 ans. Un film qui laisse assez grave sur un sujet important.

Présentant la musique qu’il a composée pour le Edmond d’Alexis Michalik (lire notre critique du film), Romain Trouillet a évoqué une musique inspirée par la pièce qui s’est construite par petit bout, en trame. La salle n’était pas tout à fait pleine pour voir la comédie à succès sur Cyrano de Bergerac, premier long métrage et pour son réalisateur et pour son compositeur.

Des 20:00, le théâtre comoedia était plein pour une cérémonie de remise des Prix émouvante. La directrice artistique du festival, Gaelle a avoué que « C’était un sacré enjeu les 20 ans » remerciant « une programmation créé par tous » : « La force de ce festival c’est qu’on l’a construit ensemble ». Un gâteau est venu couronner cet effort tandis que les jurys du court et du long ont merveilleusement expliqué leurs choix de lauréats (voir le palmarès).

Après un concert génialement vivant (illustrant notamment des jeux vidéos!!) de la masterclass dirigée par un Christophe Héral drôle et extraordinairement énergique, la soirée s’est finie par une fête d’une nuit à l’espace des libertés où brochettes, bouillabaisse, planteur et musique très insulaire de DJ GUTS de Chinese Man Records ont bercé un public très impatient de découvrir la 21e édition …

visuels : (c) YH

« A Woman Captured » de Bernadett Tuza-Ritter avec la musique de Csaba Kalotás triomphe à Aubagne
Palmarès de la 20e édition du Festival International du Film d’Aubagne
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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