Cinema

Cinéma : Gran Torino, de Clint Eastwood

24 février 2009 | PAR Thomas

Un Clint Eastwood charismatique (comme toujours), un fusil à la main devant une belle voiture, la Ford Gran Torino ! Mais quel film se cache donc derrière cette affiche qui expose fièrement les poncifs de l’exubérance américaine ?

gran_torino_affiche2Walt Kowalski (Clint Eastwood), vétéran de la guerre de Corée, et vieux réac’ grognard, vient de perdre sa femme. Outre les quelques visites de son fils et de sa belle fille qu’il envoie rudement paître, Walt passe la plupart de son temps à végéter sur sa terrasse en compagnie de son chien tout en sirotant des bières. Dernier blanc américain d’un quartier habité majoritairement par les Hmong, peuple d’Asie ayant combattu aux côtés des américains lors de la guerre du Vietman, il préfère rester à distance de ces « bridés » dont la vue provoque la résurgence de souvenirs douloureux. Néanmoins, un soir, alors qu’une violente dispute éclate entre un gang et ses voisins, Walt sauve le jeune Thao (Bee Vang) et devient malgré lui le héros du quartier. Gloire qu’il rejette d’abord violemment, il va pourtant bientôt découvrir qu’il a plus en commun avec ces gens qu’avec sa propre famille, concupiscente et pressée d’hériter de ses biens.

Clint Eastwood, ou l’éternelle interprétation d’un homme seul et chargé d’un lourd passé qui lui a fait perdre foi en l’humanité. Mais dans les abysses de son être subsiste la bonté, un grand homme toujours prêt à prendre sous sa coupe les jeunes délaissés à leurs rêves. L’humour caustique, les répliques acérées de Walt, parfois peut-être un peu trop geignard, font de Gran Torino un film agréable à regarder. Les acteurs sont touchants dans leur simplicité, notamment Bee Vang et Ahney Her qui joue Sue, la grande soeur de Thao.

Petit plus côté histoire, qui porte pour la première fois à l’écran la communauté Hmong, une ethnie de 18 clans répartie dans plusieurs pays d’Asie, dont le Laos, le Vietnam et la Thaïlande, et qui trouva refuge aux Etats-Unis à la fin de la guerre du Vietnam. Concernant l’image, les quelques clair-obscur confèrent au film une certaine qualité esthétique, mais ne suffisent pas à impulser une réelle ambiance.

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Thomas

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