Cinema
Cannes, jour 6 : Le cerf de Lánthimos, Haneke ironique, Gillain et de Groodt à L’Adami et Techiné honoré

Cannes, jour 6 : Le cerf de Lánthimos, Haneke ironique, Gillain et de Groodt à L’Adami et Techiné honoré

23 mai 2017 | PAR Yaël Hirsch

Le weekend et sa foule sont passés et la fatigue commence à se sentir parmi les festivaliers. D’autant plus que les mesures de sécurité drastiques retardent les séances et rendent le trafic des salles un peu difficile malgré un soleil indéfectible.

La matinée a commencé avec la projection du très attendu film de Yórgos Lánthimos, Mise à mort du cerf sacré. Retrouvant Colin Farrell qu’il marie à (une excellente!) Nicole Kidman,  Lánthimos use et abuse de son climat propre d’inquiétante étrangeté pour manifester les ratés et les zones d’ombres d’une famille. Les thèmes de Canine et de The Lobster sont repris avec cette même lumière dystopique sur les liens fragiles de nos sociétés. Et la rédaction est divisée sur le poids et l’importance de ce film. Pour Yaël,  Lánthimos peine à se renouveler au point où il finit par se caricaturer, tandis que Geoffrey (lire sa critique) a apprécié ce nouvel opus d’un réalisateur culte.

A 11 heures, nous rattrapions le Haneke difficilement visible la veille. Prêts à vivre le plus âpre avec le réalisateur autrichien palmé pour Amour, nous avons aimé l’humour et les balbutiements de tendresse que présente Happy End, film sur une famille bourgeoise à Calais. Retrouver Huppert et Trintignant chez Haneke est une joie et Kassovitz ainsi que la jeune Fantine Harduin crèvent l’écran. Lire notre critique.

Le déjeuner a été l’occasion de découvrir le travail de « La Fabrique cinéma« , le programme de prise en charge de jeunes réalisateurs et producteurs de L’Institut Français à Cannes. Avec les équipes de l’Eicar, nous avons pu interviewer le parrain de l’édition 2017 de cette fabrique pleine d’avenir : Brillante Mendoza. Une interview où l’on apprend comment un maître du Cinéma renvoie l’ascenseur à Cannes.

A 15 heures, Cannes avait son rendez-vous annuel avec les « jeunes talents » de l’Adami. Tandis que Thierry Fremeaux semblait ravi de présenter 5 courts métrages de l’institution, nous avons pu voir les coups d’essai de Marie Gillain et Stéphane de Groodt derrière la caméra. Mais le court qui nous a le plus emporté est La Station de Patrick Ridremont. Un mini-film culte où photocopier les super-héros et super-monstres les fait exister.

A 17 heures, Un certain regard présentait (avec l’équipe, d’une élégance folle!) un film lituanien et très européen, Out, de György Kristóf. Périple d’une homme déjà âgé pour trouver du travail en Lettonie, Out multiplie les plans forts pour un portrait à la fois européen et sensible de la transhumance à petite échelle.

A 18 heures, il était aussi question d’Europe au salon des ambassadeurs avec le cocktail de l’European Film Forum qui relayait l’appel des cinéastes européens au soutien de leur art, dans le cadre d’une Europe fragilisée par le Brexit et le référendum italien.

« Le Jour d’après » : un Hong Sang-soo fait d’extrême simplicité et de cohérence [Cannes 2017, Compétition]
« La Cabane à Histoires », un film qui donne aux enfants le goût de la lecture !
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *