Cinema
« Le Jour d’après » : un Hong Sang-soo fait d’extrême simplicité et de cohérence [Cannes 2017, Compétition]

« Le Jour d’après » : un Hong Sang-soo fait d’extrême simplicité et de cohérence [Cannes 2017, Compétition]

23 mai 2017 | PAR Geoffrey Nabavian

Avec une technique poids plume, très plaisante, et de très bons acteurs, cette nouvelle réalisation d’Hong Sang-soo impose sa patte sans peine dans la Compétition 2017.

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Le seul homme du Jour d’après n’est autre que le gérant d’une petite maison d’édition, aux fâcheuses habitudes de séducteur : ne pouvant payer qu’une employée pour l’assister, il recrute, mais ne peut s’empêcher, à chaque fois, de faire de la nouvelle travailleuse son amante

On l’avoue, on ne connaît pas bien du tout l’oeuvre imposante d’Hong Sang-soo. Le Jour d’après contient-il, du même coup, des redites ? Pris en tant que tel, sans comparaison, il demeure en tout cas plus que plaisant. D’abord parce que, côté réalisation, notre artiste filme avec des mouvements de caméra apparents, sensibles, à travers lesquels on sent sa main au travail, comme on sentait, dans le temps, celles de Huillet et Straub. Convaincant. La musique est dans les mêmes eaux : imparfaite, brouillonnante, elle correspond au ton du film. L’histoire, elle, prend place entre plusieurs temporalités, et observe les conséquences du comportement du héros, au fil des années, sur au moins trois femmes… Et le noir et blanc impose le climat.

Totalement à hauteur d’humains des deux sexes, cette mise en scène n’a plus qu’à les écouter parler très longuement, au sein des espaces exigus où ils se placent… Si, au début, le rythme, ponctué de silences très réguliers, des dialogues irrite, ceux-ci captent par la suite l’attention. Et certains font bien rire… Comment, enfin, saluer Le Jour d’après sans évoquer ses acteurs, grandioses et totalement crédibles, et à fond. Leur talent et leur naturel – en particulier ceux de l’acteur Kwon Hae-hyun – ne faiblissent pas un instant, au fil de cette production d’apparence modeste, et en fait assez vaste… Avec une belle évolution, pour la fin…

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Visuel : © Capricci / Les Bookmakers

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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