A l'affiche
« Sister » : Svetla Tsotsorkova nous emmène en Bulgarie où une adolescente entêtée raconte des craques

« Sister » : Svetla Tsotsorkova nous emmène en Bulgarie où une adolescente entêtée raconte des craques

13 août 2020 | PAR La Rédaction

Sister, le deuxième long-métrage de la réalisatrice bulgare Svetla Tsotsorkova, entre autres lauréate du Sofia City of Film Grand Prix au Sofia International Film Festival en juillet 2020, sort en salles en France le 7 octobre. Le drame traite d’une adolescente têtue vivant dans la campagne bulgare. Pour pour donner du punch à sa vie monotone, elle ment… jusqu’à risquer de détruire sa famille.

Par Stefanie BOROWSKY*

La vie quotidienne dans la campagne bulgare est triste et dure pour l’adolescente Rayna (Monika Naydenova) qui y vit avec sa mère (Svetlana Yancheva) et Kamelia, sa sœur ainée (Elena Zamyarkova). Le père est absent – les filles ne le connaissent même pas. Les trois femmes, qui ont une relation froide et tendue, fabriquent et vendent des figurines en terre cuite aux touristes au bord de la route fréquentée près de leur maison. Pour fuir la monotonie et de l’ennui, Rayna invente des histoires horrifiantes sur sa famille et les raconte aux clients. L’une de ses histoires préférées est celle où toute sa famille a été tuée par des trafiquants de drogue. Mais un jour, l’impertinente Rayna va trop loin en inventant une liaison clandestine avec Miro (Assen Blatechky), mécanicien machiste et petit délinquant grossier, qui vit près de la famille et sort avec sa sœur, Kamelia. Pour réparer son erreur et le conflit qu’elle a provoqué, Rayna doit utiliser son imagination débordante une fois de plus.

Dans Sister, son deuxième long-métrage après Thirst (2015, aussi avec Monika Naydenova), Svetla Tsotsorkova, née en 1977 à Bourgas, Bulgarie, peint un tableau sombre de la société bulgare. L’histoire se déroule dans un lieu sans nom en milieu rural, près d’une ville, où la pauvreté, la criminalité, la violence, le machisme et l’exploitation sexuelle semblent être omniprésents. La réalisatrice et auteure du scénario (co-auteur : Svetoslav Ovtcharov) se focalise sur trois femmes qui forment une famille conflictuelle et dysfonctionnelle, et surtout sur sa jeune héroïne Rayna. En choisissant ces trois personnages féminins, Tsotsorkova met un fort accent sur la situation des femmes qui luttent pour leur survie dans le milieu social misogyne qu’elle dénonce. Même si Rayna, sa mère et sa sœur souffrent de leurs conditions de vie, la réalisatrice les met en scène comme des femmes dures qui savent s’imposer et ne se laissent jamais abattre par les circonstances. Avec des dialogues mordants, de l’humour noir, des personnages complexes, des acteurs grandioses et des images qui capturent le désir constant de fuir de ce cadre de vie (la caméra capture à de nombreuses reprises des routes, des véhicules et des fenêtres comme symboles du rêve de s’échapper), Tsotsorkova arrive à captiver les spectateurs dès le premier moment.

Sister, de Svetla Tsotsorkova, avec Monika Naydenova, Svetlana Yancheva, Elena Zamyarkova, Assen Blatechky, Omega Films, Doha Film Institute, Bulgarie, Qatar, 2019, 1 h 37. Sortie en salles le 7 octobre 2020.
visuel : affiche du film (c) Tamasa Distribution

*Stefanie Borowsky est allemande et a étudie Lettres Modernes / Philologie Romane (espagnol et français) à l‘université de Münster et à Barcelone. Elle se passionne pour la littérature et le film indépendant et écrit entre autres pour le magazine de cinéma Indiekino.

Julia Vidit, nommée directrice du Théâtre de la Manufacture à Nancy
Page des Libraires : une revue 100% libraires afin de mettre en avant leur parole auprès des lecteurs dans un seul et même média
La Rédaction

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *