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La Mule : le bonheur de retrouver Clint Eastwood

La Mule : le bonheur de retrouver Clint Eastwood

23 janvier 2019 | PAR Yaël Hirsch

Dans son nouveau film, l’acteur et réalisateur de 88 ans incarne un retraité qui se met à travailler pour les cartels comme chauffeur afin de palier une faillite tardive. Un film tendre au cœur de l’Amérique moyenne et profonde que Eastwood affectionne. Avec simplicité, il brille avec recul et humour dans La Mule.

Earl Stone, 80 ans, voit internet menacer son commerce de fleurs. Passionné par son métier, entouré d’un groupe d’ouvriers d’origine mexicaine, il a dédié sa vie à ses serres et aux concours locaux et leurs agapes plutôt que de s’occuper de sa famille. Il a manqué le mariage de sa fille (Alison Eastwood elle-même) qui ne lui parle plus, de même que sa femme (Diane Wiest, parfaite). Fort heureusement sa petite-fille l’accueille encore et c’est à son dîner de fiançailles qu’il se pointe quand la faillite est consommée. Mal reçu par la mère et la grand-mère, il est alpagué par un convive qui lui donne la carte d’un type qui pourrait lui trouver un job. A 80 ans, pas mal de kilomètres pour livrer et représenter ses plantes et pas une amende, Earl devient malgré lui l’une des meilleures mules des cartels de la drogue. Et riche au point de pouvoir (un peu) participer au mariage de sa petite-fille. Mais il a sur ses traces l’agent Colin Bates (sobre Bradley Coper) bien décidé à démanteler le réseau.

Retrouvant le scénariste de Gran Torino, Nick Schenk pour adapter l’histoire vraie d’un vétéran de la Deuxième Guerre mondiale et ayant pour nouveau directeur de la photographie le canadien Yves Bélanger, Esatwood propose un film simple et rythmé par des longues courses (comptées) dans des grands paysages de l’Amérique profonde, du Sud à Chicago. La morale, surlignée lors d’un petit déjeuner au diner avec Bradley Cooper est simple également : il ne faut pas passer à côté de sa famille, même pour un métier passionnant. Et pourtant, dans cette ode à l’Amérique moyenne, où les additions sont bel et bien payées par souci de justice, y compris pat violence interne quand il s’agit des malfrats, il y a tout une place qui s’ouvre à l’âge digne mais avancé que Clint Eastwood incarne avec ses rides, sa démarche, son corps de grand-père qui a eu une vie pleine. Et, cerise sur le gâteau : la diversité américaine (mexicains, african-americans…) est bien suggérées dans ce film avec certaines scènes attachantes où en vieux papy un peu réac et attaché aux croyances de sa jeunesse près-Civil Rights se moque lui-même de sa réputation politique controversée. La Mule est un film d’abord tout simple, mais tellement attachant et clair dans son propos qu’on a presque envie de le voir comme un conte.

La Mule, de Clint eastwood, avec Clint Eastwood, Bradley Cooper, Laurence Fishburne, Alison Eastwood, Diane Wiest, 1h56, Warner, sortie le 23/01/2019.
visuel : affiche du film.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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