A l'affiche
« I never cry » de Piotr Domalewski : une adolescente audacieuse joue au détective après la mort de son père

« I never cry » de Piotr Domalewski : une adolescente audacieuse joue au détective après la mort de son père

23 juin 2021 | PAR La Rédaction

Dans son deuxième long-métrage I never cry, le réalisateur polonais Piotr Domalewski se focalise sur la situation d’une fille de 17 ans qui a grandi dans une famille séparée à cause de la migration de travail au sein de l’UE. Un film lauréat de l’Atlas d’argent pour la mise en scène au Arras Film Festival et vainqueur du Paszporty Polityki, un des prix culturels les plus importants de la Pologne, prochainement sur nos écrans.

Par Stefanie BOROWSKY

Sur les traces du père

Ola ne pleure jamais, même si la vie n’est pas facile quand on a 17 ans et vit avec sa mère et son petit frère en Pologne, pendant que le père travaille en Irlande. Ce dernier n’est jamais là quand on a besoin de lui. Le plus grand rêve d’Ola (Zofia Stafiej) qui travaille dans un garage est sa propre voiture – et la liberté et l’autonomie qui vont avec. Son père qui travaille dans le transport maritime à Dublin lui a promis de lui acheter sa première voiture, si Ola décroche son permis de conduire. Il n’y a qu’un petit problème : L’insolente Ola n’est pas la meilleure conductrice que l’on puisse imaginer. A  son troisième passage du permis de conduire, son père l’appelle, le portable d’Ola sonne – et un rap révèle son mépris pour la police. Mais ça ne s’arrête pas là : L’examen se termine avec une bagarre entre Ola, son examinateur et un autre conducteur de voiture – et Ola se fait recaler pour la troisième fois. Mais Ola, coriace et déterminée, n’abandonne jamais.

Jusqu’à ce que tout à coup, tout change : Le père d’Ola meurt dans un accident de travail à Dublin. Comme la mère d’Ola (Kinga Preis) ne parle pas anglais et doit en plus s’occuper de son fils handicapé (Dawid Tulej), la jeune Ola doit aller en Irlande toute seule pour organiser le transfert du corps vers la Pologne. Contre son gré, Ola fait le voyage qui lui réserve beaucoup de découvertes inattendues. Au début, Ola ne veut qu’une chose : trouver l’argent que son père avait épargné pour la première voiture de sa fille. Mais en Irlande, elle rencontre un recruteur polonais (Arkadiusz Jakubik) dur à cuire, un directeur d’entreprise de pompes funèbres (Shane Casey) qui est un drôle d’oiseau et les colocataires grossiers de son père – qui le connaissaient mieux que sa propre fille…

Un voyage entre tragédie et comédie dans la réalité des « euro-orphelins »

Dans son deuxième long-métrage I never cry, le réalisateur polonais Piotr Domalewski (Sexify, Silent Night) raconte l’histoire tragi-comique d’une adolescente polonaise et jette un regard critique sur la situation des « euro-orphelins », les centaines de milliers d’enfants de l’Europe de l’Est qui grandissent sans l’un de leurs parents ou même sans les deux à cause de la migration de travail au sein de l’Union européenne. Le réalisateur – qui a aussi écrit le scénario-  met en lumière les difficultés d’une famille séparée du point de vue d’Ola. Domalewski dénonce également la réalité sociale des travailleurs migrants dans la capitale irlandaise, il reste toujours proche de sa jeune héroïne qui joue au détective pour finalement connaître son père qui était absent pendant plusieurs années.

Domalewski a présenté ce film émouvant et captivant de 98 minutes pour la première fois au Festival de San Sebastían en 2020 dans la section New Directors. Au Festival du film polonais de Gdynia de la même année, I never cry a été primé avec le prix de la meilleure actrice débutante pour la grandiose Zofia Stafiej dans son premier rôle de film, celui du meilleur scénario pour Piotr Domalewski qui a créé des caractères complexes et raconte son histoire touchante avec de l’humour noir et le prix de la meilleure musique de film pour Hania Rani qui souligne avec ses compositions l’ambiance mélancolique.

Passage à l’âge adulte

I never cry est l’histoire bouleversante d’un passage à l’âge adulte d’une jeune femme cool, courageuse et pleine d’énergie qui essaie de surmonter la mort de son père dans un Dublin gris et hivernal. Pendant son voyage, la vigoureuse Ola découvre des secrets et apprend beaucoup sur son père décédé, mais même plus sur elle-même – et elle réalise que ce n’est pas grave de pleurer de temps en temps.

I never cry (Jak najdalej st?d), de Piotr Domalewski, avec Zofia Stafiej, Kinga Preis, Arkadiusz Jakubik, Shane Casey, Dawid Tulej, Nigel O’Neill, Akson Studio, MK1 Productions, Pologne, Irlande, 2020, 1h38 minutes
visuel (c) Wide

Une Fille du régiment allégée mais émouvante à Liège
So Schnell, la pièce testamentaire de Dominique Bagouet est de nouveau vivante
La Rédaction

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Toute La Culture