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« Gaza mon amour », l’histoire touchante d’un amour tardif dans la bande de Gaza

« Gaza mon amour », l’histoire touchante d’un amour tardif dans la bande de Gaza

09 octobre 2021 | PAR La Rédaction

Les réalisateurs et frères jumeaux Tarzan et Arab Nasser ont situé Gaza mon amour, leur histoire d’amour féerique entre le timide pêcheur sexagénaire Issa et la couturière veuve Siham, dans leur Gaza natale. Un film touchant sorti en salles le 6 octobre 2021.

Par Stefanie BOROWSKY

À Gaza, le timide pêcheur sexagénaire Issa (Salim Daw) vit seul depuis qu’il a tenté en vain, dans sa jeunesse, d’épouser une fille bourgeoise qui était plus belle que la lune. Pêcheur sans licence, il lance ses filets sous le manteau de la nuit. Un jour, lorsqu’il confie à sa sœur résolue qu’il veut enfin se marier, celle-ci se met immédiatement et avec ardeur à la recherche d’une épouse convenable pour son frère. Et elle le présente aux prétendantes comme un homme poli, généreux et pieux. Mais en secret, le rêveur Issa a fait son choix depuis longtemps : son vieux cœur n’appartient qu’à Siham (Hiam Abbass), une couturière veuve qui, comme Issa, propose ses produits au marché de la ville de Gaza.

Mais une nuit pendant la pêche, Issa attrape un poisson qui va bouleverser toute sa vie de célibataire réfléchi : une statue en bronze du dieu grec Apollon – avec un pénis en érection. A la faveur de l’obscurité, Issa parvient à transporter sa trouvaille délicate sur son tricycle cargo et à la cacher chez lui. Mais son secret ne reste pas longtemps caché aux autorités qui arrêtent le pêcheur solitaire. Cependant, le fait d’avoir attrapé la statue redonne du courage au timide Issa. Il commence à oser se rapprocher de la distante Siham, qui est à son tour encouragée à se marier par sa fille divorcée, l’étudiante Leila (Maisa Abd Elhadi).

Gaza mon amour est le deuxième long-métrage tragicomique des frères jumeaux Tarzan et Arab Nasser (après Dégradé, lire notre critique). Il a été inspiré par la découverte d’une statue antique d’Apollon en 2013 dans la mer au large de Gaza par un pêcheur. Les frères Nasser, nés à Gaza en 1988 et demeurants à Paris, ont aussi écrit le scénario de cette histoire d’amour tardif qui est pleine d’une tendre mélancolie. Avec ce film poétique, célébré par le public aux festivals de film de Toronto et de Venise en 2020, Tarzan et Arab Nasser ont dressé un monument cinématographique non seulement à leur père, à qui ils dédient le film, mais aussi à leur ville natale, où les derniers cinémas ont été fermés en 1987, et aux gens simples et modestes qui y habitent.

Si dans le film, on voir bien comment dans la bande de Gaza, la situation politique, sociale et économique tendue rend la vie quotidienne dure et difficile, avec des coupures de courant, des problèmes d’approvisionnement et les contrôles du Hamas, cette condition constitue seulement la toile de fond du film touchant, tourné en Jordanie et au Portugal, qui est mis en scène avec un humour tranquille et les excellents acteurs Salim Daw (Kiss me before it blows up) et Hiam Abbass (Le goût des merveilles, Dégradé). Dans plusieurs scènes, des informations à la télévision révèlent ce qui se passe actuellement dans la bande de Gaza, le Hamas diffuse sa propagande à la radio et parfois, des bombes explosent à l’arrière-plan. Sur cette trame, l’histoire d’amour émouvante d’Issa et de Siham fait penser à un rêve, un conte de fées moderne, situé dans une région en crise où les gens luttent pour vivre.

Gaza mon amour, de Tarzan et Arab Nasser, avec Salim Daw, Hiam Abbass, Maisa Abd Elhadi, Les Films du Tambour, Riva Filmproduktion, Ukbar Filmes, Palestine, France, Allemagne, Portugal, Qatar, 2020, 1h 28min

visuel (c) Les Films du Tambour et affiche 

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