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Festival de Biarritz : « Sublime » jolie petite histoire au masculin

Festival de Biarritz : « Sublime » jolie petite histoire au masculin

28 septembre 2022 | PAR Olivia Leboyer
Sublime

En compétition, un très joli film sur les hésitations et les troubles de l’adolescence. Rien de grave, juste les sentiments qui s’ajustent.

Le réalisateur argentin Mariano Biasin, venu présenter son film, nous avoue qu’il aurait aimé, adolescent, être spectateur d’un film comme celui-ci. Ce qui frappe, dans ce Sublime, c’est la simplicité. Nous ne sommes pas dans un énième film de coming out avec hostilité de la famille et drame exacerbé. Non, ici, tout pourrait se dérouler tranquillement.

Manuel, 16 ans, a depuis toujours Felipe pour ami d’enfance. Ensemble, ils ont tout partagé, les jeux, les fous rires, les premières amours. Felipe sort avec la belle et sulfureuse Iara, mais avoue ne pas ressentir le grand amour. Manuel sort avec Azul, mignonne et sympathique mais, en secret, c’est de Felipe qu’il rêve.

Personne n’est homophobe, ni les parents de Manuel, ni Felipe, ni les camarades de classe. L’enjeu, c’est plutôt le passage à l’aveu. Comment mettre des mots sur des sentiments mélangés, qui n’étaient pas conscients jusque-là ? Pour Manuel, l’épreuve est lourde, car il a peur de bouleverser l’équilibre de sa belle amitié avec Felipe.

Tous deux font partie d’un groupe de rock sympathique, aux chansons entraînantes et légères. Le leader du groupe, Fran, semble avoir deviné ce qui lie ses deux copains et, lui aussi, paraît suffisamment mature pour le comprendre. Les plus jolies séquences du film sont celles où les deux amis composent des chansons, écrivant des paroles équivoques, dans l’espoir que l’autre va les décrypter : « Je t’attendrai sur la plage / Je ne sais pas si tu me trouveras / Les empreintes sur les sentiers / Ne mènent nulle part« . Ou bien ce joli titre de chanson, « L’as de coupe », qui vient bouleverser l’ordre des choses.

Sublime de Mariano Biasin, Argentine, 100 minutes, avec Martin Miller, Teo Inama Choabrando, Azul Mazzeo, Joaquin Arana. Festival du film d’Amérique latine, Compétition.

visuels: photo officielle du film.©

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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