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[Deauville Jour 4] James Franco’s day

[Deauville Jour 4] James Franco’s day

05 septembre 2016 | PAR Olivia Leboyer

goat

Ce lundi, c’est le jour de James Franco : depuis le matin, avec la projection du film Goat de Andrew Neel, jusqu’au soir, avec la présentation de son film, très social, In a dubious battle. Entre temps, l’acteur a, bien sûr, inauguré la cabine de plage à son nom !

En compétition, ce matin, Goat, un film dénonçant l’esprit obtus et profondément malsain des confréries universitaires américaines. James Franco, producteur du film, y incarne, en une apparition tonitruante, l’ « ancien », admiré et craint. Andrew Neel entend livrer une réflexion sur la violence, sa transmission, les moyens de la nommer et de s’en libérer : Brad, un jeune homme, sensible et timide, est agressé avec une grande violence en sortant d’une fête étudiante. Après coup, il culpabilise énormément, car il avait fait monter sans méfiance ses agresseurs dans sa voiture. Avec le soutien de son grand frère, il tente de reprendre une vie normale, et aspire à intégrer le club où celui-ci règne tranquillement, une fraternité étudiante des plus viriles. Qui dit club, dit bizutage, et le périple commence, vers l’enfer. Soudain, Brad se rend compte qu’être agressé par des inconnus à capuche ou par ses condisciples d’université revient sensiblement au même.

L’idée n’est pas inintéressante, mais le film est malheureusement très déplaisant. Pour condamner la violence, Andrew Neel prend le parti, peu habile, de la montrer dans ses moindres détails, jusqu’à l’écoeurement. Les personnages, tous plus abrutis les uns que les autres, ne présentent pas de nuances. Sur près de deux heures, nous subissons une avalanche d’images dégradantes. Dommage. Le film a mis dix ans à voir le jour… On était en droit d’espérer plus de subtilité :

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L’après-midi, petite déception également avec Mean Dreams de Nathan Morlando, un thriller à l’atmosphère plutôt réussie : une cavale dans de vastes paysages mélancoliques, avec une jolie romance. Mais il manque un petit quelque chose pour que l’on s’attache aux personnages. La fin, un peu mièvre, ne rend pas justice à ce film mineur, sans prétention, qui aurait pu être tellement meilleur:

[rating=2]

James Franco présentait ce soir In dubious battle, un film très politique, sur la lutte des grévistes californiens, adapté du roman de John Steinbeck (1936). Acteur, réalisateur, réalisateur expérimental, producteur, performeur, photographe, écrivain, poète, fou de selfies sur twiters… James Franco est tout le temps en mouvement, dans l’envie de créer. Nous l’avons beaucoup aimé dans Harvey Milk de Gus van Sant, dans 127 heures de Danny Boyle, dans Spring Breakers de Harmony Korine, et nettement moins dans Queen of the Desert de Werner Herzog ou Everything will be fine de Wim Wenders. Et ce soir ?

visuels: photo officielle, James Franco dans le film Goat de Andrew Neel.

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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