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[Critique] « Des apaches » de Nassim Amaouche. Conte réaliste sur la communauté kabyle du réalisateur d’Adieu Gary

[Critique] « Des apaches » de Nassim Amaouche. Conte réaliste sur la communauté kabyle du réalisateur d’Adieu Gary

24 juillet 2015 | PAR Gilles Herail

Nassim Amaouche nous parle de la figure du père et de la communauté kabyle parisienne dans un film étonnant, relevant de l’anthropologie,  du thriller mafieux, de la chronique existentialiste et de la romance énigmatique. Des apaches est moins réussi qu’Adieu Gary mais l’étrange petite musique de son réalisateur reste toujours aussi séduisante.

[rating=3]

Synopsis officiel : Lors de l’enterrement de sa mère, Samir croise le regard d’un inconnu, son père. Celui-ci l’entraîne dans une affaire familiale qui le plonge au cœur de la population kabyle de Belleville et de ses traditions. Une expérience qui le bouleverse et fait resurgir son passé d’une étrange manière. Alors qu’il se  confronte à ses choix, Samir va s’affranchir de son enfance et de son clan pour devenir un homme libre, un «Apache».

On avait beaucoup aimé Adieu Gary, western social abordant avec beaucoup de finesse des thématiques passionnantes, sur le déclin d’un village, la fin du monde ouvrier, le remplacement du syndicaliste par l’imam. Nassim Amaouche y avait révélé de véritables qualités de créateur d’ambiance, navigant entre le réalisme sociologique et le romanesque mythique. Des Apaches fonctionne sur le même principe en s’attaquant cette fois à la mystérieuse communauté kabyle. Ses codes et ses valeurs fondées sur le collectivisme et la décision collégiale (des hommes) qui permettent de maintenir la paix sociale au sein du groupe et d’en régler les conflits.

Les premières minutes du film déconcertent, avec une approche documentaire, en voix-off, présentant cette tradition ancestrale décrite par Marx comme le « socialisme de ses rêves ». Le film démarre réellement en se déplaçant à Paris, au sein d’une communauté kabyle adaptée aux règles économiques locales, tout en maintenant son organisation villageoise. Des Apaches s’embarque alors dans un Parrain version Belleville. Mettant en scène deux familles en conflit sur les conditions de vente d’un hôtel à Barbes. Mais ce thriller Scorsesien est également une fausse piste, fondue dans une envoûtante chronique de quartier qui mélange les sous-intrigues et les tonalités.

Nassim Amaouche incarne le personnage principal, déambulant entre lassitude et curiosité dans cet univers à l’atmosphère quasi mafieuse. Son parcours initiatique le verra affronter des retrouvailles difficiles avec son père et questionner sa propre place dans la communauté. Laetitia Casta est sublime dans un second rôle évanescent, qui apparaît et disparaît à différents moments de l’histoire. On est séduit par l’originalité de la narration, les éléments d’atmosphère qui tirent le film vers l’étrange tout en l’inscrivant dans un cadre réaliste. Des Apaches, dont on sent l’ambition autobiographique, n’égale pas Adieu Gary et peine parfois à maintenir l’immersion du spectateur. Mais Nassim Amaouche confirme sa capacité à créer un climat, à dépasser l’observation naturaliste pour lui apporter une dimension romanesque.

Gilles Hérail

Des apaches, un drame français de Nassim Amaouche avec Laetitia Casta et André Dussolier, durée 1h37, sortie le 22/07/2015

Visuels : © photos officielles et affiches officielles des films

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Gilles Herail

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