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[Critique] « Cold Water » : pamphlet raté, mais film de genre brillant

[Critique] « Cold Water » : pamphlet raté, mais film de genre brillant

09 juillet 2014 | PAR Gilles Herail

Difficile de donner un avis clair sur ce Coldwater. Un pamphlet trop caricatural pour convaincre contre les camps de redressement pour mineurs. Mais un film de genre très réussi, tendu, ultra-violent et une performance d’acteur qui vous colle au siège.

[rating=1]/ [rating=4]

Synopsis officiel: Brad est un adolescent impliqué dans plusieurs petits délits. Ses parents décident de le faire emmener de force dans le camp de redressement pour mineurs très isolé de Coldwater. Les jeunes détenus sont coupés du monde extérieur, subissent des violences tant physiques que psychologiques et n’ont d’autre choix que de survivre ou de s’échapper.

Vincent Grashaw a voulu réaliser un film choc pour faire découvrir au grand public l’enfer des « boot camps », camps de redressement pour mineurs où la discipline militaire devient parfois acharnement physique et psychologique. Le cinéaste ne recule donc devant aucun artifice de scénario pour créer l’empathie avec les victimes et charger les bourreaux dans une vision manichéenne trop appuyée qui nuit au propos. Les mineurs sont pétris de qualité et ont bon fond. Leurs geôliers sont des sadiques sanguinaires. Cette opposition ne bougera pas d’un iota pendant l’ensemble du film. Cette faiblesse psychologique sert pourtant un autre volet du film, beaucoup plus réussi. Un pur film de genre, le thriller carcéral, ultra violent, scotchant le spectateur à son siège.

Et Cold Water fait partie des tous meilleurs dans son genre. Oubliés les flash-backs sirupeux et place à la tension pure, à la révolte face aux tortures infligées et au regard de l’acteur principal qui se durcit au fur et à mesure du film. P.J Boudousqué est impressionnant et la comparaison avec Ryan Goslin n’est pas usurpée. Toujours crédible, incroyablement intense, il négocie à la perfection le tournant du film, qui aborde un nouveau genre. Après les premières rebellions, le personnage principal va jouer le jeu tout en échafaudant un plan lui permettant de mettre fin au calvaire collectif des adolescents. Cold Water est aussi bon en film carcéral qu’en thriller mutique à la Drive et même en quasi film d’horreur adolescent. Les explosions inattendues de violence n’en sont que plus troublantes. On ressort épuisé, révolté, choqué. Comme après un film de genre de qualité. Et on ira regarder sur Wikipedia plus tard pour s’intéresser un peu plus sérieusement à la question passionnante au demeurant de ces camps de non-droit qui ont essaimé aux Etats-Unis dans les années 80.

Gilles Hérail

Coldwater, un drame adolescent américain de Vincent Grashaw avec P.J Boudousqué, James C.Burns et Chris Petrovski, durée 1h44, sortie le 9 juillet 2014

Visuels et bande-annonce officiels du film.
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Gilles Herail

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