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Apollo 10 1/2 : L’histoire d’un jeune rêveur des années 60

Apollo 10 1/2 : L’histoire d’un jeune rêveur des années 60

12 avril 2022 | PAR Jacques Emmanuel Mercier

Houston, Texas, c’est le nouveau cadre choisi par Richard Linklater pour son nouveau projet Apollo 10 1/2. Le film, disponible sur netflix, raconte histoire d’un jeune garçon qui durant l’été 1969 va suivre l’expédition lunaire.

Apollo 11, c’est le moment où l’homme a mis le premier pas sur la lune. Buzz Aldrin, Neil Armstrong, Michael Collins, ont ainsi pu inspirer des millions de petits garçons. Stanley qui vit à Houston, la ville centre où tout se rapporte soit à l’espace soit à la NASA, fait partie de ces petits garçons. C’est ainsi que l’on suit pendant une heure trente un jeune garçon qui se rêve astronaute.

Découverte de la vie et anciens amours

Alors qu’il joue dans la cour de son école, Stanley se voit approcher par des hommes en noir qui lui proposent de faire partie du programme Apollo, la NASA ayant construit un module trop petit pour un homme. C’est ainsi que l’on suit le voyage de Stanley, qui se trouve entre rêve et réalité, dans une époque de changement marquée par la saison d’été, par les hippies, par la présence des parents  du héros et par cet alunissage. Richard Linklater aime les récits initiatiques.

L’on pense forcément au film Boyhood, sur un jeune garçon et son adolescence. Ce film surtout connu pour avoir été tourné sur plus de 12 ans, n’en reste pas moins l’un des meilleurs films sur l’apprentissage et sur le fait de grandir, de voir évoluer le monde. Dans Apollo 10 1/2, grandir à Houston, c’est grandir dans une ville tournée en permanence vers le futur. Le film est réalisé en rotoscopie : De vrais acteurs jouent les scènes avant de se voir redessinés par-dessus après la fin du tournage. Cela donne un  trait décomposé de l’image. Le principal défaut de ce style d’animation se situe dans les détails du visage qui sont par nature très limités. C’est un style que le réalisateur apprécie beaucoup et c’est le troisième film qu’il tourne avec cette technique.

Un été qui change le monde 

Au-delà du scénario, la conquête spatiale ne prend que peu de place en réalité. Le film décrit une Amérique tournée résolument vers son avenir, à une époque où l’on croit que les malheurs du présent impliquent un avenir radieux. On revit la mort des Kennedy, la Guerre Froide, la guerre du Vietnam mais aussi le bowling et les fast foods. Le pays croit en son avenir, en la technologie et surtout en la conquête spatiale.

Il est impossible de ne pas citer First Man de Damien Chazelle, qui décrit de façon beaucoup plus appuyée le parcours de Neil Armstrong de son entraînement à son retour de l’astre lunaire. Mais d’une manière plus subtile, le film nous fait aussi penser à un film québécois Un été sans point ni coup sûr, qui conte à la même période et au moment où Montréal se dote d’une équipe de Baseball, la vie d’un jeune garçon qui voit le monde changer autour de lui.

Richard Linklater nous offre ainsi un film sur la vie d’un enfant de la fin des années soixante. Un film contemplatif, souffrant d’un schéma narratif donnant le sentiment d’un scénario lent. Malgré cela, c’est un beau portrait. Alors oui, ce n’est pas un film à mettre entre toutes les mains. Mais il s’agit surtout d’un film de souvenirs, touchant, sur les beaux moments de l’enfance, selon l’art nostalgique de Richard Linkater.

crédit photo © image mise en avant: poster  Netflix

 

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