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Amanda : un troisième long métrage captivant et poétique pour Mikhaël Hers

Amanda : un troisième long métrage captivant et poétique pour Mikhaël Hers

20 novembre 2018 | PAR Marine Sulitzer

Mikhaël Hers revient sur le grand écran avec Amanda, un long métrage poignant sur le deuil et la reconstruction d’une famille après un attentat meurtrier en plein cœur de la capitale.
[rating=4]

Amanda n’a que sept ans quand elle perd sa maman dans un attentat au Bois de Vincennes. Sans grand-parents, elle se retrouve à la charge de son oncle David, 24 ans, un jeune élagueur qui vit au jour le jour. Ces deux là vont alors apprendre à s’apprivoiser, à sécher leurs larmes, à vivre ensemble.

Michaël Hers avait déjà abordé le deuil dans Ce sentiment de l’été, mais il y retourne ici de manière beaucoup plus frontale avec cette disparition brutale à la fois intime et commune. En plus de traverser leur propre deuil, Amanda et David sont confrontés à une ville endeuillée de ses morts, de voisins traumatisés, d’amis blessés. Malgré un sujet dramatique, le cinéaste parvient avec beaucoup de pudeur à ne pas sombrer dans le mélodrame pesant et nous livre au contraire une histoire pleine de poésie et d’amour. Les moments sombres sont silencieux et pudiques, les moments de joie nous éclatent en plein cœur, saisissant les pupilles avec une lumière rare.
Et puis il y a Paris l’été, personnage à part entière du long-métrage où les personnages déambulent à bicyclette avec légèreté et insouciance. Et que dire de Isaure Multrier et Vincent Lacoste, dans les rôles de Amanda et David, sinon qu’ils forment un duo tout en grâce. Quand on pense que la jeune Isaure n’avait jamais vu un plateau de cinéma, cela confine au prodige. Son air à la fois poupon et adulte, et sa capacité de transmettre ses émotions de manière aussi frontale est bluffante. Quant à Vincent Lacoste, on le savait comédien caméléon avec des rôles aussi divers que, Les beaux gosses, Hippocrate ou encore Plaire, aimer et courir vite, mais il se distingue ici avec un jeu dans la retenue et l’émotion.

Mickaël Hers signe un film où malgré la tragédie, l’on rit, l’on pleure, l’on danse, l’on grandit même au rythme de cet amour grandissant d’une petite fille qui ne comprend pas vraiment qu’elle ne verra plus sa maman et de son oncle qui refuse toute forme d’engagement. L’esprit s’évade, virevolte dans la douceur d’un été parisien avec sa dose de mélancolie, de drame et de poésie. Une réussite !

Amanda, de Mikhaël Hersavec Vincent Lacoste, Stacy Martin et Isaure Multrier, Pyramide, Au cinema le 21 novembre.

Image : affiche du film

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