Cinema
A Cannes, « Aquarius », et son joli Brésil mélancolique et forte tête

A Cannes, « Aquarius », et son joli Brésil mélancolique et forte tête

23 mai 2016 | PAR Geoffrey Nabavian

Ce film de Kleber Mendonça Filho, en forme de comédie mélancolique, présenté en Compétition à Cannes, vaut surtout pour ses acteurs, s’ébattant dans un Brésil en mutation de façon juste et malicieuse.

[rating=3]

En 1980, la jolie Clara, mariée, trois enfants, avait les cheveux courts. De nos jours, elle promène sa longue chevelure brune sur la plage qui s’étale devant son immeuble. Toujours très désirable, elle est désormais veuve, et grand-mère. Et elle s’accroche à son appartement, situé dans l’immeuble Aquarius, au milieu de logements désormais tous inhabités. La société qui possède le bâtiment a en effet un projet de résidence ultramoderne…

Dans Aquarius, tous les acteurs sont bons. Autour de Clara (Sonia Braga) s’activent des figures très vivantes et très justes : on adore le détestable Diego (Humberto Carrao), jeune homme charmeur qui fait les propositions d’achat à notre héroïne, ou la fille de cette dernière, qui en a gros sur le cœur. On croit à cette galerie de personnages solaires.

Certaines idées du film, elles, apparaissent trop peu creusées : ainsi l’immeuble totalement vide, fantomatique, eut-il pu faire un très beau thème. L’appartement symbolise, bien sûr, un sujet éternel, le temps que l’héroïne ne veut pas quitter, et les les affaires de corruption, aussi. On regrette un peu que tout se concentre autour de ce logement à saisir : le film y gagne un côté déjà-vu. Mais il reste très plaisant, très musical, très gai, et extrêmement vivant, car extrêmement bien interprété. Et puis, de temps à autre, la mise en scène de Kleber Mendonça Filho ose quelques fulgurances rafraîchissantes, et pas prétentieuses. On marche…

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Visuels : © SBS

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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