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Le Slow Made : Le temps au cœur des métiers d’art

Le Slow Made : Le temps au cœur des métiers d’art

17 septembre 2018 | PAR Sophia Le Bon

Créé en 2012, le Slow Made s’inspire des autres mouvements Slow apparus depuis une trentaine d’années et le lancement de la Slow Food dans les années 1980 par Carlo Petrini en Italie. Son principe fondamental est de repenser les modes de production et de consommation actuels, notamment les rapports qu’ils entretiennent au temps.

Une nouvelle valorisation des métiers d’art

Depuis trente ans, ont émergés dans la continuité du mouvement Slow Food en Italie, qui rejetait le modèle de la fast food et la standardisation des goûts, de nombreux autres mouvements se réclamant de la philosophie du Slow. Parmi eux, le Slow Made qui valorise le savoir-faire des métiers d’art et de tous ceux qui produisent des objets durables et de qualité.

A l’instar des autres mouvements slow, le Slow Made s’adresse au consommateur dont il souhaite éveiller la conscience afin que l’acte d’achat s’inscrive dans une démarche de responsabilité sociale et environnementale. Il se distingue cependant des autres approches Slow car il s’adresse également à l’offre qu’il incite à repenser : Le Slow Made propose en effet de prendre le temps pour fabriquer des produits de qualité, défiant le système de la production de masse et l’obsolescence programmée des objets.

Soutenu par le Mobilier National et l’Institut des Métiers d’art, le Slow Made vise à fédérer le secteur de la création autour de six valeurs : la recherche, le temps du geste, la pratique, la transmission, l’appropriation par un acquéreur responsable, informé et averti ainsi que le prix juste.

Un choix de société et de consommation en rupture avec la production de masse

Le luxe a bien compris l’intérêt d’un positionnement Slow et communique sur ses traditions et savoir-faire, LVMH en organisant des Journées Particulières dévoilant ses lieux de création, ou encore Chanel avec ses défilés Métiers d’Art inspirés à chaque fois d’une ville différente. En racontant leur histoire, leur savoir-faire, les maisons du luxe donnent un bon reflet du temps de la création et cultivent le temps long.

Le Slow Made ne veut cependant pas ce réduire à des secteurs réservés au plus aisés, même s’il n’a pas encore atteint l’industrie de masse. Faisant écho à un besoin de vivre différemment, l’ensemble des mouvements Slow (Slow Food, Slow City, Slow Management, Slow Education, etc.) touche plus de vingt millions de personnes dans le monde. Ces derniers partagent tous l’aspiration profonde de donner du sens à leur activité, en consommant ou fabriquant des produits qui ont une âme, une identité.

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Sophia Le Bon

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