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Salon International du Patrimoine Culturel : un 21ème cru où la création explose

Salon International du Patrimoine Culturel : un 21ème cru où la création explose

06 novembre 2015 | PAR Araso

Hier s’est ouvert au Carrousel du Louvre l’édition 2015 du SIPC. De l’artisanat de tradition aux métiers de la conservation, en passant par les technologies de l’environnement, les spécialités les plus insolites y sont représentées. Un salon qui explose d’une créativité décomplexée, un parcours ludique et riche en découvertes dont on ressort confiant, optimiste et cultivé.

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Coup de projecteur sur la jeune création

Anne-Laure Coullomb est tisserande, Julie Auzillon est spécialisée en reliure et papier de création. Toutes deux sont lauréates du Prix de la Jeune Création Métiers d’Art d’Ateliers d’Art de France. Anne-Laure rêve de travailler pour la haute-couture, confie-t-elle, et son talent a d’ores et déjà été repéré par d’autres artisans visionnaires, comme des ébénistes, qui voient dans son travail une manière raffinée et élégante d’habiller des meubles et des intérieurs. «Je fabrique mon propre fil, explique Anne-Laure, et je laisse apparaître les finitions ». Le résultat est une pure merveille tout droit sorti d’un conte fantastique. Julie Auzillon, quant à elle, tisse le papier. Ses carnets excavés, intégralement faits à la main et numérotés, sont de véritables chefs-d’œuvre. L’une tisse le papier, l’autre le relie, ensemble, elle ont réalisé une œuvre baptisée Tanzaku, du nom de ces petites cartes verticales utilisées au Japon pour écrire des poèmes.

La part belle aux métiers de tradition

Le salon met à l’honneur ces métiers peu connus qui constituent pourtant de véritables niches économiques. La France compte environ 45 000 clochers, de quoi faire vivre tout un artisanat campanaire, spécialisé dans la fonderie, la maintenance, la réparation des clochers, horloges, beffrois… Ils travaillent pour les monuments historiques et les communes, qui investissent dans les cathédrales et basiliques, vecteurs économiques du tourisme. De la cathédrale de Strasbourg au Liban, André Voegele exporte ainsi son savoir-faire. Les stands de vitraux, tuilerie, ferronnerie, serrurerie d’art sont d’autres témoins d’un artisanat décomplexé et dynamique, souvent d’une beauté à se pâmer.

L’intégration de l’innovation aux métiers d’art

D’autres artisans ont dû, pour rester compétitifs, d’adapter aux techniques modernes. Bertrand Laucournet est maçon – tailleur de pierre – sculpteur. Compagnon de formation, il travaille à 90% pour des monuments historiques et réalise de spectaculaires reproductions d’œuvres qui, trop dégradées, ne peuvent plus être restaurées. Sans lui et ses compagnons, elles disparaitraient, telles les sculptures ornant l’école des Mines de Saint-Pétersbourg, restaurée grâce aux nouvelles technologies. « Là où un sculpteur mettrait 3 à 4 mois pour pointer son travail, le robot met une semaine. Ensuite, le sculpteur intervient et prend 2 à 3 semaines pour finir l’œuvre. Nous avons été précurseurs dans cette technique qui nous a permis de rester compétitifs. Il y a quelques années, nous nous sommes présentés sur le salon avec une copie du Sphinx de Naxos. Toute la profession s’est insurgée et aujourd’hui tout le monde le fait. » Un impressionnant globe modulable réalisé pour le Qatar témoigne de la liberté donnée au travail de la pierre par les mathématiques et l’innovation. Une nécessité aussi, pour ce savoir-faire français, de se développer à l’international. « Nous avons créé un partenariat avec une entreprise russe. Les russes ont un marché mais on perdu une bonne partie de leur savoir-faire et de leurs artisans. Ils ont font donc appel à notre expertise. » Exception culturelle française oblige, au sens littéral du terme.

Protection du patrimoine culturel

La Fondation du Patrimoine est bien évidemment présente, dont la vocation est de protéger tout ce qui n’est pas classé. Puisque nous posions récemment la question de la protection d’un patrimoine culturel versus des intérêts privés, nous avons approfondi le sujet avec la Fondation du Patrimoine. « Nous disposons de plusieurs outils d’aide selon qu’il s’agisse d’actions privées ou publiques. » explique Hélène Hernandez. Une personne privée peut bénéficier du label, une réduction d’impôts pour réaliser les travaux nécessaires à la préservation d’un bien, tandis qu’une action publique pourra être soutenue par le lancement d’une collecte de dons, d’un mécénat ou d’un financement participatif. La Fondation protège tout type de biens, y compris des voitures, motos, bateaux ou même des animaux menacés d’extinction. « En revanche, poursuit Hélène, une fois qu’une personne devient propriétaire d’un bien, il est impossible pour la fondation d’intervenir si ce bien est menacé. Il est toujours possible, par anticipation, de constituer une association et de monter une collecte de dons pour racheter le bien menacé ».

Salon International du Patrimoine Culturel, Carrousel du Louvre, jusqu’au 8 Novembre 2015

Visuels © Araso

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