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Mort du 5Pointz, les graffeurs du monde entier sont en deuil

Mort du 5Pointz, les graffeurs du monde entier sont en deuil

21 novembre 2013 | PAR Kim Beci

Encore une fois l’avarice a tué l’art : comme nous vous l’annoncions au cœur de l’été, 5Pointz a été détruit la nuit du lundi 18 novembre. La raison? La construction de résidences de luxe.

Ce « musée » à l’air libre représentait un lieu culte pour l’art du graffiti. Une trêve pour la guerre contre cet art de rue où des artistes pouvaient s’exprimer sans craindre les répressions.

Couvert par les dessins de plus de 1500 artistes, le 5Pointz tout en couleurs était l’un des symboles de la culture new-yorkaise, mais pas seulement : Il représentait l’union de chacun des arrondissements qui composent la ville américaine, si inégale, si diverse quant aux cultures mais aussi quant au niveau de vie. 5Pointz avait été créé pour effacer ses différences.

Des artistes et des touristes du monde entier venaient admirer cet endroit unique. Initialement, c’était une résidence de Queens louée à des jeunes artistes qui, petit à petit, se sont appropriés les murs de la propriété de David Wolkoff.

Celui-ci, fier, au départ, d’être l’homme qui était à l’origine de 5PTZ, n’a finalement pas trouvé ce lieu assez lucratif. Dans une déclaration assez peu croyable, il a annoncé sa « peine » quant au blanchissement de la structure et son souhait de réaliser une zone pour accueillir de nouveaux graffitis d’artistes dans ses nouvelles résidences. On peut être sceptiques.

Le manque de sensibilité pour le symbole trouve transparence dans ses mots. Comment le remplacer ? Peut-on détruire un tableau unique en se contentant de dire aux gens, en guise de réconfort,  qu’ils ne doivent pas paniquer, et que l’on donnera un nouveau cahier tout blanc à l’artiste pour qu’il fasse ses dessins ?

Les graffitis qui recouvraient 5Pointz signifiaient que l’art est capable de dépasser le pouvoir, les frontières, la haine, mais la bataille est perdue. L’argent a gagné la partie.

Le gardien des lieux s’était néanmoins battu pour la survie de cette zone mythique. Il avait rassemblé plus de 16 000 signatures pour éviter la démolition. Meres One, lui même graffeur, s’était vu confier le 5Pointz en 2002 pour le protéger et en être son « ambassadeur ».

ll n’a pu rien faire face à la détermination de David Wolkoff : les fresques d’artistes inconnus et de graffeurs rénommés venus rendre hommage au 5PTZ (Stay High 149, Tracy 168, Cope2, Part, ou Tats Cru) sont, à l’heure où on écrit, effacés pour toujours.

Visuel : © captures d’écran www.5ptz.com

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Kim Beci

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