Marché de l'art
Rendre la scène contemporaine parisienne plus accessible : le pari ambitieux d’Artenders

Rendre la scène contemporaine parisienne plus accessible : le pari ambitieux d’Artenders

04 mai 2021 | PAR Cloe Assire

“Il faudrait une notice pour comprendre”, “Cela n’a pas de sens”, “Je pourrais faire pareil” : l’art contemporain semble être devenu une cage dorée aussi élitiste qu’incompréhensible. Mais c’est sans compter sur cinq étudiantes en marché de l’art qui ont décidé de mettre tout en œuvre pour faire bouger les choses avec un projet prenant de plus en plus d’ampleur : Artenders. 

 

Amélie, Hermeline, Emma, Nora et Laurie. Cinq jeunes femmes passionnées d’art contemporain se sont réunies il y a maintenant un an pour défendre des valeurs qui les unissent. Des valeurs qui se sont forgées à la suite d’observations et d’analyses, les ayant notamment conduites à se demander comment Paris, ancienne capitale du monde de l’art – où l’on produisait et représentait les meilleurs artistes du monde, en étant un centre de décision et de lanceur de modes – avait pu passer derrière les Etats-Unis, la Chine ou encore l’Angleterre. En effet, pourquoi cette époque semble-t-elle révolue et lointaine alors que les écoles d’art françaises sont pleines à craquer, que les galeries parisiennes se comptent par milliers et que les collectionneurs sont bel et bien existants ? 

Rapidement, les cinq protagonistes du projet Artenders se sont rendues compte que la scène parisienne a un énorme potentiel qui n’est pas exploité à sa juste valeur, alors même que le monde de l’art est un monde de contacts sociaux. De ce constat va émerger la volonté de trouver un moyen de mettre en relation des milliers d’acteurs de cette scène si fertile pour faire naître de nouveaux projets. Car même s’il s’agit d’un milieu de passionnés, il n’en demeure pas moins que le marché de l’art se révèle très complexe et fermé car il est presque impossible de savoir ce qu’il s’y passe en terme d’événements sans être invité alors que nombreux sont les vernissages tous les soirs à Paris et où très nombreux seraient les gens qui s’y rendraient s’ils étaient au courant. Un monde qui est donc basé sur les contacts et où il est difficile de faire sa place, entraînant souvent un manque de professionnalisation des artistes, alors même que celle-ci est nécessaire à leur survie et que tout l’écosystème de ce secteur dépend de ces artistes. 

Pour tenter de résoudre ces problèmes, Artenders est tout d’abord un média militant pour la reconnaissance de la scène contemporaine française et pour la mise en relation de ses acteurs de façon plus facile et transparente, en leur donnant la parole. Ce média intervient via une page Instagram (@artenders_) et une application, téléchargeable par l’intermédiaire d’un QR-Code que vous trouverez ci-dessous pour le scanner. Cette dernière, en plus d’un contenu médiatique foisonnant, répertorie tous les lieux culturels français : de la galerie d’art, aux FRAC (Fonds Régionaux pour l’Art Contemporain) en passant par les musées et les fondations. Les utilisateurs peuvent notamment y favoriser certains mouvements, lieux et événements et laisser des commentaires sur tout le contenu. Une application qui est donc personnalisable puisque l’on peut ainsi définir sa sélection d’expositions en fonction de ses goûts. Leurs mots d’ordre ? Sensibiliser pour rassembler et fédérer des relations sociales, éduquer pour ouvrir un commerce de l’art moins exclusif, le tout en apportant de l’information et de la médiation accessible à tous, peu importe l’âge et le milieu, ce qui a déjà séduit une communauté de plus en plus importante avec plus de 3000 followers sur Instagram et 400 utilisateurs pour l’application. 

Artenders, en plus d’essayer d’ajuster le monde de l’art et de la culture à l’ère numérique, se penche également sur la professionnalisation des artistes par le biais d’une agence incubatrice, accompagnant actuellement six artistes encore en études en vue de leur donner les clés pour être mis en relation avec des curateurs adaptés à leur travail. Dans ce but, Artenders est notamment à l’origine d’une exposition intitulée “ERROR4H04” qui se tiendra du 8 au 30 mai à la 193 Gallery. Deux artistes de l’agence Artenders y seront présentés – Yoann Bac et Oscar Guess – ainsi que quatre artistes de Poush Manifesto : Garance Matton, Macha Pangilinan, Raphaël Guez et Antoine Larrera.

4h04 correspond au temps moyen quotidien de la consommation des écrans chez les jeunes âgés de 18 à 24 ans. Aujourd’hui, la réalité n’est plus unique mais bel et bien plurielle. Une réalité augmentée, une cyber-réalité ? Qui sommes-nous et jusqu’où allons-nous ? L’exposition tente de répondre à ces questions par l’intermédiaire d’artistes qui évoluent dans ce paysage hybride où se superposent perceptions et virtualités ; dans un espace où l’écran entraîne et acte une révolution du regard mais aussi une redéfinition du sujet que la peinture ne saurait ignorer tant son destin y est lié. Cette nouvelle logique générationnelle impacte directement le quotidien créatif des artistes mais aussi le marché de l’art dans lequel ils évoluent. 

Un évènement que l’on attend donc avec impatience au vue de la qualité du contenu proposé pour le moment via le compte Instagram et l’application ! 

Crédits : photographies fourniers par Artenders

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Cloe Assire

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