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Les oeuvres fragiles et vibrantes de Claudine Drai entrent au Grand Véfour

Les oeuvres fragiles et vibrantes de Claudine Drai entrent au Grand Véfour

17 octobre 2017 | PAR Yaël Hirsch

« Les fleurs sont aussi des étoiles », écrit l’artiste Claudine Drai dans le poème qu’elle dédie à l’univers du chef Guy Martin. Après la belle aventure commune qu’ils ont vécu entre goût et vision à la biennale de Venise (lire notre article), ces deux magiciens des sens pérennisent leur rencontre en transmuant le salon privé du site classé du Grand Véfour. Toute La Culture était au petit-déjeuner de présentation, la tête dans les fleurs blanches en papier de soie des œuvres de Claudine Drai et témoigne de cette expérience unique.

Après avoir passé les arbres en fête des jardins du Palais Royal dans un tardif et délicieux été indien, nous avons passé la porte de ce joyau d’architecture et de décoration 18e siècle qu’est le restaurant du Grand Véfour. Après l’escalier intime et sombre, c’est dans l’écrin du salon de l’étage que nous nous retrouvons entourés par la blancheur à la fois forte et fragile des œuvres sous glace de Claudine Drei. Guy Martin, maître du lieu prend la parole pour expliquer leur rencontre autour des sens et de l’âme et comment lui est venu le désir de lui commander cette œuvre pérenne dans un lieu où il y a toujours eu des grandes œuvres (Chagall, Cocteau, Foujita…).

Alors que les plantes blanches et sauvages en papier de soie de Claudine Drai prolongent le sentiment des jardins qui entourent le restaurant, cette composition est le contraire d’une commande : c’est une invitation et une intuition, selon de thème traité cette année à Venise par le Palais Fortuny et qui résonne fort avec toute l’œuvre de Claudine Drai. Toujours aussi intense dans son phrasé, l’artiste a transmis l’essence de ce qui la faisait vibrer à un public ravi, qui se perdait d’un œuvre à l’autre avec délectation.

Pour elle, « tous les artistes posent le monde au même endroit », là où la forme peut devenir vie ou disparition, là aussi où tout d’un coup les êtres en errance se trouvent rassembler. Par le goût, Guy Martin est un artiste qui fait le même travail qu’elle, et leur rencontre est une évidence, l’œuvre dans ce salon quasiment unique après des essais rares signés Fragonard ou Rothko. Que ce soit par les « traces de miel ou d’agrume » ou par « les images des rêves » qui « se déchirent », leur œuvre commune permet d’approcher au plus près de l’âme.
Visuel : Claudine Drai et Guy Martin (c) YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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