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Une Déclaration enjouée et impétueuse de Julie Navarro à la galerie du Buisson

Une Déclaration enjouée et impétueuse de Julie Navarro à la galerie du Buisson

20 juin 2013 | PAR Smaranda Olcese

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De la broderie aux dessins à l’encre, une même énergie enjouée, drolatique et impétueuse à la fois, marque le geste artistique de Julie Navarro, qui semble s’épancher pleinement dans les grands formats à l’huile et acrylique.

Située sur l’une des pentes les plus douces, sur les contreforts de Belleville, la galerie du Buisson accueille une exposition monographique qui nous invite à regarder le monde à travers des yeux ombragés par des longs cils verts, à l’instar de cet ancien portrait photographique en noir et blanc sur lequel l’artiste est intervenue en utilisant les techniques de la broderie. Ainsi, les formes paraissent empreintes d’une grande simplicité. Un geste affirmatif, volontaire, qui se tient aux confins de l’abstraction, les emporte sur une vague musique de Chopin, magnifiant leur charge de tendresse et parfois de sensualité diffuse.

détail-broderie-2Les pièces en broderie de Julie Navarro surprennent les corps en maintes perspectives inédites, entre la chute et l’envol, décrochés, libérés de la trame du tissu industriel. Les points sont pourtant minutieux, serrés. Ils ne font que donner plus d’épaisseur à la matière travaillée, par endroits, de manière quasi- sculpturale.  La force de séduction de ces œuvres est immédiate. Elle joue à la fois dans le registre du dérisoire et de l’entêtement.

La rigueur contraignante du papier millimétré et la discipline algorithmique des partitions de musique, autres supports de prédilection de l’artiste, sont constamment sujettes au débordement passionnel de l’encre qui dessine des traits épais et veloutés, facétieux, prenant parfois des airs inattendus de manga, aux frontières de l’abstraction. Ainsi, cette série récente accueille avec une générosité maternelle une même silhouette tout en rondeurs blotties sur elles mêmes,  déclinée en différents points de vue qui se jouent des tensions de la page blanche. Si les dessins de la série La nuit rêvée respiraient de manière intrinsèque la musique silencieuse contenue dans les partitions de Chopin, libre à chaque visiteur d’imaginer la ritournelle secrète qui anime ces autres pièces. Le sentiment d’un recentrement nécessaire se dégage néanmoins de cette comptine qui tend à nous entrainer vers un noyau essentiel qui cristallise l’émotion et fait sourdre des énergies primaires.

peinture Julie NavarroLa couleur enfin s’épanouit dans des toiles qui s’offrent au regard telles des cartographies sensibles des paysages intérieurs. L’ensemble de peintures présenté à la galerie du Buisson semble ouvrir une période nouvelle. Plus que les techniques utilisées, coups de brosse, grattages, effacements, glacis, cernes au pastel, c’est le temps qui devient l’allié principal de l’artiste qui sait se mettre à l’écoute des équilibres secrets des surfaces de couleur. L’intensité lumineuse d’une intervention à la bombe aérosol rend électrique cette incroyable densité de la matière, Comme je vous voie, toile déclaration, pourrait résumer à elle seule la puissance d’une œuvre résolument à suivre.

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Smaranda Olcese

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