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« La Vie enchevêtrée » : tissages de talents à suivre chez WILDE

« La Vie enchevêtrée » : tissages de talents à suivre chez WILDE

21 novembre 2022 | PAR Yaël Hirsch

Les artistes en résidence de la Fondation LAccolade proposent jusqu’au 30 novembre à l’espace WILDE, à quelques pas de l’Hôtel de Ville, une exposition sur le thème de l’entrelac et du tissé. La Vie enchevêtrée est une exposition de talents à suivre. 

La métaphore de l’entrelacement

La deuxième saison de l’exposition qui conclut la résidence de la Fondation LAccolade a pour sujet « La Vie enchevêtrée » qui est une traduction anglaise du livre du biologiste Merlin Sheldrake sur le mycélium (partie végétative des champignons). Le commissaire de l’exposition, Christopher Yggdre explique que « Le vivant n’est qu’enchevêtrement ». Sur les deux étages lumineux de la rue François Miron où a lieu cette exposition, c’est donc une demi-douzaine d’artistes qui nous convient à des sensations et des techniques textiles qui tissent la métaphore de l’entrelacement. 

Tisser le vivant

À l’entrée, parmi les trois œuvres d‘Elise Peroi, le Jardin suspendu, réalisé dans le cadre de l’exposition Inspire à l’ISELP de Bruxelles, met en scène deux plans de métier à tisser dans une reproduction en noir et blanc, en soie et lin, du jardin foisonnant de la Villa Livia. C’est à la fois fragile et puissant. Et c’est bien vivant, car il reste quelque chose à écrire pour le spectateur, entre les fils… Dans la salle suivante, les Ciclotrama de Janaina Mello Landini sont des tempêtes de tissus qu’on dirait venues de la nuit des temps. Les cartes de fils multicolores de Brankica Zilovic sont des broderies merveilleuses, qui entrent en résonance avec les entrelacements de Luz Moreno Pinart

Proliférations 

Noire et blanche et suspendue, la Semence collective de Laura Bartier est une sculpture fascinante tandis qu’à l’étage le collectif Les Matribiotes propose une performance, Symbosium, les 26 et 27 novembre. Le collectif artistique de femmes péruviennes fondé par les artistes Gianine Tabja, Lucia Monge et Gabriela Flores del Pozo, FIBRA, propose un travail sur la forêt. Enfin, les champignons et les chevelures surréalistes d’Elodie Antoine entravent notre chemin et notre vision pour nous faire entrer dans un monde où la matière et ses cellules se multiplient à vitesse grand V. 

La matière tissée est donc biologique et hypnotisante dans cette exposition à voir avant la fin du mois. 

La vie enchevêtrée, WILDE, 4-8 rue François Miron, 74004. 

Visuel : © YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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